Archives du mot-clé Sépulture

1994.06.05 – 50ème Anniversaire de la mort de l’Abbé Camille BORNET

Glux-en-Glenne
5 juin Juin 1994

Messe de la FÊTE-DIEU
« Seigneur, je veux faire vivre les autres de vous.
Je veux aussi chanter vos magnifiques œuvres dans le siècle et dans l’éternité »
(Abbé Camille BORNET )

Chant d’entrée :

SEIGNEUR, RASSEMBLE-NOUS DANS LA PAIX DE TON AMOUR (D 87)

1
Nos fautes nous séparent,
ta grâce nous unit  ;
la joie de ta victoire
éclaire notre nuit.
2
Tu es notre espérance
parmi nos divisions ;
plus haut que nos offenses
s’élève ton pardon.

3
Seigneur, vois la misère
des hommes affamés.
Partage à tous nos frères
le pain de l’unité.
4
Heureux le cœur des pauvres
qui cherchent l’unité !
Heureux dans ton royaume
les frères retrouvés !

5
Fais croître en notre attente
l’amour de ta maison ;
l’Esprit dans le silence
fait notre communion.
6
Ta croix est la lumière
qui nous a rassemblés :
O joie de notre terre,
tu nous as rachetés !


Kyrie eleison

Gloire à Dieu au plus haut des cieux
Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime


1ère Lecture: Exode (XXIV, 3-8)

Dieu attend que nous mettions en pratique ses paroles de vie

Psaume :

Magnifique est le Seigneur
tout mon cœur pour chanter Dieu
Magnifique est le Seigneur

2ème Lecture: (Lettre aux Hébreux IX, 11-15)

Purifiés par le Sang du Christ, nous partageons déjà avec lui l’héritage éternel.

ALLELUIA

Évangile : (Saint Marc XIV, 12-16, 22-26)

Jésus se donne totalement, Corps et Sang, à ceux avec qui il partage son dernier repas.

Credo : Je crois, Seigneur, tu es source de vie (L 79)


Prière Universelle : SOUVIENS-TOI, SEIGNEUR, DE TON AMOUR


Communion : La nuit qu’il fut livré ( C 3 )

1
La nuit qu’il fut livré, le Seigneur prit du pain ;
en signe de sa mort, le rompit de sa main :
« Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne
afin de racheter tous mes frères humains. »
2
Après qu’il eut soupé pour la dernière fois,
s’offrit comme victime au pressoir de la croix :
« Mon sang, versé pour vous, est le sang de l’Alliance ;
amis, faites ceci en mémoire de moi. »
3
Et nous, peuple de Dieu, nous en sommes témoins :
ta mort, nous l’annonçons par ce pain et ce vin.
Jésus ressuscité, ton Eglise t’acclame, vainqueur, passé du monde à la gloire sans fin!
4
Tu viens revivre en nous ton mystère pascal :
éteins en notre chair le foyer de tout mal.
Nous sommes tes sarments, sainte vigne du Père :
fais-nous porter du fruit pour le jour triomphal.
5
Seigneur, nous attendons ton retour glorieux :
un jour tu nous prendras avec toi dans les cieux.
Ton corps est la semence de vie éternelle :
un jour tu nous prendras à la table de Dieu.


Chant final: Peuple choisi (K 64)

Dieu fait de nous en Jésus Christ des hommes libres ;
tout vient de lui, tout est pour lui : qu’il nous délivre !


1
Peuple de Dieu, reçois de lui ta renaissance :
Comme un pasteur il te conduit où tout est grâce.
2
Peuple habité par son Esprit, heureuse Église,
la voix du Père t’a choisi : maintiens son signe !
3
Peuple choisi pour annoncer une espérance
montre ton Christ : il t’a chargé de sa présence.
4
Peuple choisi pour témoigner de l’Évangile,
laisse sa vie te ranimer aux sources vives.
5
Peuple choisi pour devenir un peuple immense,
monte au calvaire ou doit mourir ta suffisance.
6
Peuple choisi pour être un feu au cœur du monde,
passe au plus bas, fais comme Dieu: n’aie pas de honte.
7
Peuple choisi pour son festin et pour la Pâque,
ne goûte plus qu’au vrai levain de ses passages.

Gloire à Jésus, maître de tout, roi de la terre !
Gloire au Messie qui fait de nous un peuple prêtre !


2004.06.13 – 60ème Anniversaire de la mort de l’Abbé Camille BORNET

SAINT PRIX SOUS BEUVRAY
Dimanche 13 Juin 2004

60ème Anniversaire de la mort de
l’Abbé Camille BORNET
Curé de GLUX & de SAINT PRIX

En cette année 2004, nous célébrons le 60ème Anniversaire d’évènements qui ont marqué notre histoire et, pour quelques uns d’entre nous, notre vie.

Nous sommes là, aujourd’hui, dans cette église de SAINT PRIX pour faire mémoire de la mort de l’Abbé Camille BORNET, Curé de GLUX et de SAINT PRIX.

Merci d’être venus, nombreux.

Merci à Madame VOBMANN, Maire de GLUX et aux membres de son Conseil Municipal.
Merci à Monsieur Octave MONCHARMONT, Maire de SAINT PRIX et aux membres de son Conseil Municipal.

Merci à vous tous.


L’Abbé Camille BORNET

Né à CHAMPLEMY (Nièvre) le 24 Avril 1896.

Ordonné Prêtre à NEVERS le 20 Décembre 1924.
Nommé Vicaire de DECIZE.
Nommé Curé de GLUX et de SAINT PRIX en Octobre 1930.

Mobilisé en 1914. Fait prisonnier.
Mobilisé en 1939, comme Capitaine de Réserve. Fait prisonnier.
Libéré en 1941.

Dans le courant de l’été 1941, il retrouve ses Paroisses de GLUX et de SAINT PRIX.
Il va s’intéresser aux réseaux de Résistance qui commencent à s’organiser dans le Morvan.

La Communion Solennelle, le jour de la Pentecôte, 28 Mai 1944, sera sa dernière célébration à SAINT PRIX.

Mercredi 31 Mai 1944. Il est midi.
Quelques enfants se retrouvent à la Cure, avec leurs paniers, pour déjeuner.

Tout à coup, la maison est cernée par des soldats allemands.

L’Abbé BORNET, ancien officier, comprend tout de suite, la gravité de la situation.
Il recommande aux enfants : « Surtout, ne bougez pas ! ».

(Ces détails m’ont été rapportés par un témoin, Georges MICHAUD, qui faisait partie du petit groupe d’enfants en train de déjeuner à la Cure ; J’ai bien connu Georges MICHAUD, Agent Municipal à LAROCHEMILLAY ; Maintennant décédé).

L’Abbé BORNET est alors arrêté et conduit à NEVERS.

Quelques jours plus tard, il est transféré à la prison de CHALON SUR SAONE où, à la suite de mauvais traitements, il meurt le 9 Juin 1994.

Nous pouvons lire, dans la Semaine Religieuse de NEVERS, 30 Juin 1945, Page 59 :

« Ainsi finit dans une cellule de CHALON, le 9 Juin 1944, un prêtre nivernais, coupable d’avoir porté le Bon Dieu dans les bois à de jeunes patriotes français.

Tout le Clergé de la ville, prévenu discrètement, se rendit aux obsèques, qui furent aussi solennelles que le permettaient les circonstances.

Monsieur le Provicaire de la ville et Monsieur l’Aumônier informèrent son Excellence
Monseigneur FLYNN.

Que ces Messieurs et les Religieuses de l’Hôpital qui ont fait la toilette funèbre, veuillent bien trouver ici les remerciements émus du clergé nivernais. »

L’année suivante, après les démarches entreprises, le 13 septembre 1945, son corps sera accueilli triomphalement à GLUX et déposé dans l’église.

Personnellement, mobilisé à cette époque, une permission spéciale me fut accordée pour participer aux funérailles de mon Curé.

Tous les témoins ont conservé un souvenir ému de cette cérémonie de funérailles.

En 1990, à l’initiative de Jacques CROZATIER, la Place de l’église à GLUX lui fut dédiée et une Stèle fut érigée.

La Stèle fut bénie le 9 Juin 1990 par Monseigneur MOUTEL, Evêque de NEVERS.

Aujourd’hui, après 60 ans, ceux qui ont connu l’Abbé BORNET partagent la même émotion.

Il nous appartient d’être les gardiens de sa mémoire.

Ensemble, en ce jour de fête, nous rendons grâce pour le témoignage de foi, de service, de don de soi qu’il nous a donné.


Homélie

Comme chaque Dimanche, Dieu nous convoque en sa Maison. Il nous invite à partager sa Parole et le Pain de l’Eucharistie.

C’est pour nous, pour l’Église entière, un jour de joie, un jour de grâce.

Cette année, en cette église de SAINT PRIX, ce Dimanche de la Fête-Dieu sera, par excellence, un jour de mémoire :

  • Mémoire du Christ qui nous dit : « Vous ferez cela en mémoire de Moi »
  • Mémoire d’un d’un prêtre, ministre de l’Eucharistie, qui a servi son Dieu et son pays jusqu’à la mort.

Pour moi, c’est un jour de mémoire à un titre exceptionnel ; l’Abbé BORNET a été mon Curé et je suis son successeur.

Il a été le Curé de mon enfance et de mon adolescence.
Il m’a enseigné le catéchisme.
Il m’a préparé à la Communion solennelle, à la Confirmation.
Il a fait les démarches nécessaires pour mon entrée au Séminaire.

Quelques temps avant d’être arrêté, alors que j’étais moi-même un réfractaire au S.T.O. (Service du Travail Obligatoire), il m’adressait une lettre dans laquelle il me disait toute son affection. Il m’invitait à vivre ce qu’il vivait lui-même ; il m’encourageait à la générosité, à la confiance, à vivre dans la joie de servir.

« Les renoncements, petits et grands, nous valent les bénédictions du Maître qui nous a donné l’exemple » écrivait-il.

Maintenant, avec le recul du temps, avec mon expérience personnelle, je comprends mieux la valeur de sa vie.

L’Abbé BORNET a été un prêtre de son temps, un homme de Dieu parmi les hommes ;
Il a incarné, parmi nous, au cœur de notre Morvan, au cœur de son époque, ces valeurs permanentes qui font la richesse d’une société et la noble grandeur de la vie :

  • L’amour de son pays
  • Le don de soi jusqu’à la mort
  • Le dévouement pour ses frères.

A la source de tout, une foi profonde qui met sur le chemin du service.

L’Abbé BORNET était un homme ouvert. Il se serait senti à l’aise avec les orientations du Concile Vatican II.

En ce jour de la Fête-Dieu, il est bon de nous rappeler qu’il fut un prêtre profondément attaché à l’Eucharistie. Il soulignait l’importance de la Messe, de la Communion.

Dans ses homélies, il invitait les paroissiens de DECIZE et, plus tard, ceux de GLUX et de SAINT PRIX, à communier plus souvent. (A cette époque, les communions étaient rares).

J’aime aussi rappeler les initiatives qu’il prenait pour que le Dimanche soit le Jour du Seigneur. Quand il ne pouvait pas venir à SAINT PRIX (mauvais temps, hiver, périodes militaires) il nous faisait organiser, déjà à cette époque, des célébration dominicales (sans prêtre).

Sur ce point, les paroissiens de GLUX et de SAINT PRIX, ont été des « pionniers ».

L’Évangile nous rappelle que le Christ nous a donné l’Eucharistie pour que nous soyons des vivants.

L’Abbé BORNET situait sa vie sacerdotale et pastorale dans la lumière de ce don du Christ.

Dans ses « Notes spirituelles », il écrit :
« Seigneur, je veux faire vivre les autres de vous ».

Cela, il l’a fait pour nous soutenir dans la vie.

Il l’a fait pour soutenir les Résistants ; il leur rendait visite, portait la Communion dans les Maquis.

Il savait qu’en faisant cela, il risquait sa vie.

Mais il l’a fait, sans démission, jusqu’au don total de sa vie.

En faisant mémoire de lui aujourd’hui, en célébrant l’Eucharistie, prions pour qu’il nous aide à vivre dans la générosité du cœur, dans la joie de servir, à être , en notre temps, des témoins de foi, d’amour et de paix.

Marcel ALEXANDRE

Après la Messe, nous nous sommes retrouvés pour partager le « Verre de l’amitié » offert par la Municipalité. Ce fut l’occasion d’échanger d’émouvants souvenirs.


1945.10.01-Les obsèques de l’Abbé Bornet – Notre clocher – Bulletin paroissial de St Prix et Glux n°1 – octobre 1945

Les obsèques de l’Abbé Bornet

Le jeudi 19 septembre 1945, près de 2 000 personnes, venues de Glux, Saint-Prix, Villapourçon, Château-Chinon, Arleuf, Decize et d’ailleurs, accompagnaient à sa dernière demeure, Monsieur l’abbé Camille Bornet, Curé de Glux et de Saint-Prix.

Massacré par les Allemands, dans la prison de Chalon-sur-Saône, 9 juin 1944, après 10 jours de traitements plus barbares les uns que les autres, il reposait, depuis ce temps, dans le caveau des Curés de Chalon, attendant qu’on puisse le ramener dans sa chère paroisse.

Son cercueil aurait dû être déposé le 12, au soir, dans l’église de Saint-Prix, où l’on avait prévu un office funèbre, une veillée et un service de Sépulture, puis conduit à Glux où devait se dérouler la grande cérémonie finale. Des circonstances, indépendantes de notre volonté, ont empêché la réalisation de ce programme, et ce n’est que le 13, à 11 h 1/2, que le corps arrivait à Glux, accueilli par Monsieur le Curé de Saint-Prix, entouré d’une trentaine de prêtres nivernais et autunois.

Le cercueil, précédé du drapeau des Anciens Combattants, fut porté par les combattants et les prisonniers, qui rendaient ainsi hommage à ce Prêtre, capitaine et prisonnier des deux guerres, décoré de la Croix de Guerre 1914-1918.

Après les premières prières, la Messe de Sépulture commençait, présidée par Leurs Excellences Nos Seigneurs les Évêques de Nevers et d’Autun, célébrée par Monsieur l’Archiprêtre de Château-Chinon, assisté de son Vicaire et de Monsieur le Curé de Montigny et chantée avec âme par les chœurs de chant de Glux et de Saint-Prix, auxquels les Prêtres présents mêlaient leurs voix graves et émues.

À l’issue du Service, Monseigneur de Nevers montait en chaire pour rappeler les souffrances endurées par le cher défunt, flétrir la barbarie de ses assassins et prêcher le dernier sermon du Pasteur revenant pour toujours au milieu de ses ouailles. Sermon émouvant qui fit couler bien des larmes, Paroissiens de Glux et Saint-Prix, écoutez-le, retenez-le, laissez le couler dans vos cœurs et dans vos âmes ; il vous dit : « Aimez-vous les uns les autres. »

Après l’absoute, donnée par Monseigneur de Nevers, la foule s’écoulait, recueillie et remuée par cette cérémonie imposante et touchante. Quelques instants plus tard, Monsieur le Curé procédait, dans l’intimité, à l’inhumation de son prédécesseur qui repose maintenant et jusqu’à la résurrection finale, dans l’église qu’il avait fait restaurer, embellir, et à laquelle il avait donné tous ses soins.

Cher Abbé Bornet, nous offrons notre sympathie à votre famille, meurtrie par votre disparition ; et sur votre tombe, nous faisons le serment de toujours nous souvenir. Oui, vous vivrez dans nos mémoires et dans nos cœurs ; nous apprendrons à nos enfants à vénérer celui qui mourut pour Dieu et pour la France. Et, pour nous, nous vous implorons, victime pitoyable, afin que nos âmes reçoivent les bienfaits de votre sacrifice. En souvenir de votre dernière Messe sanglante, de votre calvaire de 10 jours, de votre agonie de 48 heures sur le pavé nu de votre cellule, nous vous en prions, vous qui nous avez tant aimés, faites que nous entendions et pratiquions votre dernier sermon, faites que nous nous aimions les uns les autres ; du haut du ciel, veillez sur nous, aimez-nous encore, et faites qu’un jour nous nous rejoignions sur le Cœur du Maître, dans l’Éternelle charité.

NOTRE CLOCHER – Bulletin paroissial de
Saint-Prix et de Glux
1ère année N°1 – Octobre 1945


Témoignage de Pascal Martin – juillet 2025

Je m’appelle Pascal MARTIN,

Je suis originaire de Glux, mon grand-père Lucien MARTIN a été maire de Glux et est mort en fonction en 1954… Son fils mon oncle Hubert a été le plus jeune maire de France en cette même année durant 47 ans.

Ma grand-mère, chez qui je passais toutes mes vacances scolaires, était épicière dans le bourg à côté du café Martin tenu par ma grande tante Marie MARTIN.

Cette dernière (et mon papa également Marc MARTIN), m’a toujours dit que c’était le jour de la première communion de mon papa qui était aussi enfant de chœur.

Toute la famille était très attachée à Monsieur le Curé Bornet.

Après avoir été arrêté il fut conduit à la Kommandantur de Nevers (Hôtel de France) et ensuite emmené à Chalon-sur-Saône pour continuer les tortures et divers sévices.

C’est mon grand-père Lucien qui a été chercher sa dépouille en camion de transport et il a ainsi retrouvé provisoirement dans le cimetière une place, avant une inhumation en l’église de Glux après la guerre.

Voilà mes souvenirs de discussions avec ma grand-mère et mon papa.

Bérard Jeanne, La Grande-Verrière (71990)

Je me souviens très bien de l’Abbé Bornet, un prêtre très estimé dans les deux paroisses, Glux et Saint-Prix.

C’est avec lui que j’ai fait ma première communion, le 13 juin 1943.

C’est une cérémonie qui marque la vie.

Pendant la retraite de communion, l’Abbé Bornet nous avait emmenés à la Goulotte, une ferme abandonnée dans le bois. Là, il nous avait laissé un peu de temps libre. Puis, la retraite terminée, nous sommes descendus à Saint-Prix à pied.

Le jour de la première communion, nous nous sommes rassemblés place de l’église, les garçons en costume avec le brassard blanc, les filles en robe de mousseline et voile blanc.

Tous les communiants sont montés dans l’église et se sont installés près du chœur. Nous sommes descendus au bas de l’église en cortège prononcer les vœux en posant une main sur le missel du prêtre installé pour cette cérémonie.

Puis la messe a débuté. Avant la communion, les filles se réunissaient en demi-cercle autour de la Vierge Marie installée pour ce jour sur un piédestal, une couronne de fleurs blanches à la main, nous la levions à bout de bras vers la Vierge en chantant « Bonne Marie, je te confie mon cœur ici-bas ».

Ce jour-là, le drapeau français était hissé derrière l’autel.

Cette journée est resté gravée dans ma mémoire. L’Abbé Bornet faisait de très belles cérémonies.

Il est gravé dans nos mémoires.

Mme Yver, née Dudragne, Andrée, Saint-Léger-sous-Beuvray

Bien que jeune adolescente, j’ai beaucoup de souvenirs de l’Abbé Bornet, nous en avons tellement parlé en famille, des souvenirs inoubliables sur la bonté de ce prêtre.

C’est avec lui que j’ai fait ma première communion à l’église de Saint-Prix, c’était en 1943.

Quand nous avons appris son arrestation par les Allemands, en 1944, quelle tristesse ce fut dans la région. Surtout quand nous avons appris son décès, que son douloureux calvaire a été porté à notre connaissance.

Très aimé, il a été très regretté dans la région.

Avec ma famille, j’avais assisté aux funérailles parmi une foule nombreuse venue lui rendre un dernier hommage.

Quand j’ai l’occasion de passer à l’église de Glux, je me remémore sur sa tombe, mais là, depuis 2001, elle est fermée au public et promise pour la Pentecôte à la réouverture.

J’ai bien intention d’assister à cette inauguration.

Témoignage – Duguet Lucien, Saint-Léger-sous-Beuvray (71)

De l’Abbé Bornet, je garde un souvenir inoubliable car il était un modèle de vertu, s’occupant des uns et des autres en toute simplicité.

Pour notre communion, nous faisions une retraite en jouant avec lui. Le jour de la première communion, nous allions tous manger chez lui à midi, ce qui pour nous était appréciable, nous sortions de notre routine.

Plus tard, j’ai acheté le salon de coiffure à Saint-Léger et l’Abbé venait se faire couper les cheveux et nous parlions beaucoup.

Mais au moment de la Résistance, il venait avec un gros sac de sport et, par la suite, nous avons appris qu’il ravitaillait les FFI.

Mais quand j’ai appris sa mort, il était parti en martyr.

Il a dû penser, puisqu’il était un religieux, à la mort du Christ.

Cela a dû lui donner la force de ne pas parler.

J’aurais aimé savoir qui a pu le dénoncer, il fallait lui en vouloir pour agir ainsi, mais en ce bas monde, il y a toujours une justice.

Témoignage souvenirs – Pauchard Raymond, Le Châtelet, Arleuf

J’ai de très bons souvenirs de l’Abbé Bornet, c’était un prêtre hors du commun, d’une extrême bonté avec tous les habitants de la région.

C’est avec lui que j’ai fait ma communion solennelle. En principe, c’était le jeudi de la Fête-Dieu.

Pour préparer cette célébration, pendant trois jours, nous faisions la retraite. Il nous emmenait jusqu’au sommet du Beuvray, il nous entraînait par des chants, avec ce souvenir :« Mon merle a une plume, mon merle a deux plumes… »

Pour cette journée de communion, le déjeuner se faisait chez lui, les parents envoyaient une petite participation.

Le présent était une volaille, il fallait reconnaître qu’à cette époque, les enfants étaient nombreux à Glux.

Je me souviens aussi de la porte grise cloutée du presbytère.

Pour annoncer notre présence, pour activer la sonnette, une patte de chevreuil remplaçait le système électrique.

Lors de son arrestation par les Allemands, nous avons été très attristés par son décès avec la connaissance de son calvaire.

J’ai une pensée très particulière lorsque je me retrouve auprès de sa sépulture au fond de l’église.

Souvenirs témoignage de Mme Angelaud Marie, née Goby, Saint-Prix (71)

Comme beaucoup de gens de Saint-Prix, j’ai bien connu l’Abbé Bornet étant donné que je suis dans les personnes les plus âgées.

Je n’ai pas eu la joie d’avoir l’Abbé Bornet pour faire ma première communion. De toute façon, étant une fervente catholique, j’ai fréquenté beaucoup l’église le temps de son sacerdoce à Saint-Prix.

Comme tous les gens de la commune, je l’aimais beaucoup, il faisait toujours de très belles cérémonies religieuses, il avait de très bons contacts avec tous les paroissiens.

Comme beaucoup dans la région, je conserve précieusement la photo dans mon armoire.

Il est difficile d’oublier ce prêtre, surtout dans les conditions qu’il a souffert pour partir. Il a laissé tout le monde dans la peine. Il a été difficile de le remplacer.

À l’église de Glux, je n’oublie pas de passer sur sa tombe.

Souvenirs et témoignage – Barnay Roland

Bien que jeune adolescent, j’ai beaucoup de bons souvenirs de l’Abbé Bornet.

C’est avec lui que j’ai fait ma première communion, c’était en 1943.

J’ai aussi le souvenir de ma confirmation avec l’évêque d’Autun, nous avions toujours notre cher Abbé, mais hélas, une année plus tard, nous avons été dans la région très attristés par son arrestation par les Allemands, puis par la suite lorsque nous avons eu connaissance de son calvaire.

Il était très aimé dans la région, il rendait beaucoup de service auprès des malades.

Avec ma famille, nous avons assisté à ses funérailles, parmi une foule nombreuse.

Quand j’ai l’occasion de passer à l’église de Glux, je fais une halte sur sa tombe, toujours bien fleurie.