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Souvenirs – Loiseau Joseph, Saint-Prix (71)

J’ai connu l’Abbé Bornet depuis mon jeune âge et je suis resté très sensible à la mémoire de cet abbé.

J’ai été enfant de chœur avec lui à l’âge de 8 ans.

Tous les jeudis et les dimanches, il venait à pied depuis Glux à Saint-Prix en passant par le moulin de la Planche, là où habitait ma famille et la famille Alexandre.

Je parcourais donc le trajet pour aller à Saint-Prix avec lui ainsi que ma sœur Berthe, et tout en marchant, il nous racontait toujours quelques histoires.

C’est donc en 1944, en revenant du catéchisme, qu’il me dit : « Tu sais, je ne pourrai pas te faire communier », mais sans me dire la raison.

En rentrant à Glux, il s’arrêtait chez mes parents pour acheter des produits fermiers (œufs, fromage ou lait) et ma grand-mère avait l’habitude de lui offrir un bol de café au lait car c’était son régal.

Je me souviens une certaine fois qu’il mangeait un morceau de fromage, il dit comme ça à ma grand-mère :

« Tu sais, Francine, si c’était permis de jurer, je dirais “Cré nom de Dieu, le bon fromage”. »

L’Abbé Bornet était très serviable et il était aimé de tous.

Malheureusement, la guerre de 39-45 l’a emmené à une mort affreuse (torturé par les Allemands).

Cher Abbé : comme ton bon cœur, tous mes bons souvenirs resteront près de toi.

Témoignage – Duguet Lucien, Saint-Léger-sous-Beuvray (71)

De l’Abbé Bornet, je garde un souvenir inoubliable car il était un modèle de vertu, s’occupant des uns et des autres en toute simplicité.

Pour notre communion, nous faisions une retraite en jouant avec lui. Le jour de la première communion, nous allions tous manger chez lui à midi, ce qui pour nous était appréciable, nous sortions de notre routine.

Plus tard, j’ai acheté le salon de coiffure à Saint-Léger et l’Abbé venait se faire couper les cheveux et nous parlions beaucoup.

Mais au moment de la Résistance, il venait avec un gros sac de sport et, par la suite, nous avons appris qu’il ravitaillait les FFI.

Mais quand j’ai appris sa mort, il était parti en martyr.

Il a dû penser, puisqu’il était un religieux, à la mort du Christ.

Cela a dû lui donner la force de ne pas parler.

J’aurais aimé savoir qui a pu le dénoncer, il fallait lui en vouloir pour agir ainsi, mais en ce bas monde, il y a toujours une justice.

Famille Leclerc Paul – Saint-Prix – En mémoire de l’Abbé Bornet

Âgé de bientôt 88 ans et habitant de Saint-Prix, je me souviens très bien de notre Abbé Bornet.

C’est lui qui m’a fait faire ma première communion. C’était dans le début qu’il était à Glux.

Toujours serviable et dévoué, il était l’ami de tous sans distinction de classe, croyants, non-croyants, jeunes ou personnes âgées.

Je garde un souvenir inoubliable de ce prêtre hors du commun qui a donné sa vie pour son pays face à l’ennemi, après avoir supporté tant de souffrances infligées par les Allemands.

Nous conservons précieusement sa photo dans notre maison, espérant qu’il veille sur ses anciens paroissiens.

Témoignage – Yvonne Clément, Luzy – Familles Doreau Duvernoy

Je me souviens très bien de notre prêtre l’Abbé Bornet.

Ma communion solennelle réalisée par ce prêtre a été parfaite.

C’était un prêtre hors pair.

Il a participé ardemment à soigner ma sœur Lucienne Doreau, à cette époque, âgée de 18 ans, atteinte de méningite dont elle a été guérie.

Il a fait toujours beaucoup de bien autour de lui durant toute son existence et a sauvé de nombreuses personnes pendant cette affreuse guerre.

Il était apprécié par tout le monde, mais malheureusement a subi une cruelle trahison. Il a beaucoup souffert avant de décéder.

Toute la succession des familles Duvernoy et Doreau ne l’oubliera jamais car nous avons souvent parlé de lui en famille.

D’ailleurs, pour ceux qui possèdent Internet, allez sur le site « Mémoires du Pays de Glux-en-Glenne » (site où l’on parle beaucoup de la gentillesse de ce prêtre).

Jacqueline Lefèvre, née Clément

Je me souviens très bien de Camille Bornet.

C’est avec lui que j’ai fait ma communion solennelle en 1942.

Nous étions nombreux. Une très belle cérémonie.

Départ de la cure, en rang deux par deux, en chantant « Je suis chrétien, voilà ma gloire » jusque dans le chœur de l’église.

Ensuite, il y avait les vêpres et toujours les cantiques, les fonts baptismaux et « Bonne Marie, je te confie mon cœur ici-bas ».

Ces belles journées sont gravées dans nos cœurs.

Hélas, d’autres le sont également, mais avec une grande tristesse, car le destin a frappé fort.

Un patriote exemplaire qui a donné sa vie pour sauver les autres.

Comme le chante la chorale paroissiale tous les ans pour la messe du 8 mai, « plus jamais de guerre ».

Un prêtre qui rend des visites à ses paroissiens, et qui apporte toujours la bonne parole.

Toute ma famille garde de lui un souvenir ému.

André Lefèvre, ancien résistant

Je me souviens très bien de l’Abbé Camille Bornet.

C’est avec lui que j’ai fait ma communion solennelle et ma confirmation à Saint-Prix.

Un prêtre d’une très grande sympathie, aimé de tous.

La stèle érigée à son nom près de l’église à l’initiative de Jacques Crozatier a été très appréciée.

Un patriote exemplaire, victime de trahison, qui a donné sa vie pour sauver les autres.

Engagé volontaire dans la Résistance en 1944 au camp des Fraîchots, je me souviens de ces moments incertains.

Tous les ans, au mois de septembre, nous honorons les stèles, et la minute de silence est très respectée.

Une inscription y figure : « Passant, n’oublie pas. »

Comment oublier ces combattants de l’ombre ?

Témoignage souvenirs – Yvonne Joly, veuve Guenaud, Château-Chinon

Il m’est demandé si je me souviens de l’Abbé Bornet.

Oui, comment oublier tant de choses si gravées dans notre mémoire pour un homme qui faisait tant de bien ?

Le souhait que je fais de tout cœur, c’est que l’église rouvre ses portes, comme au bon vieux temps où nous avions notre curé, l’Abbé Bornet.

C’est avec lui que j’ai fait ma première communion en 1942, au mois de juin.

À la célébration de l’office des vêpres, il nous faisait apporter une petite couronne de marguerites, offerte à la Vierge, que nous déposions sur l’autel en chantant « Bonne Marie, prends ma couronne, je te la donne. Au ciel, n’est-ce pas, tu me la rendras. »

Je me souviens aussi de son retour d’Allemagne, prisonnier il avait été démobilisé de cette guerre.

Arrivant un dimanche pendant la célébration de la messe, nous étions à chanter à la « chorale de Glux ».

Pour ne pas déranger, il s’était assis au fond de l’église, attendant la fin de l’office célébré par l’Abbé Monteillet, curé de Villapourçon.

Quelle joie pour les paroissiens !

C’était un prêtre si bon pour tous et dévoué envers les malades.

Je me souviens qu’il faisait des piqûres à ma voisine, atteinte de tuberculose. Il était très serviable, il disait qu’il était au service de Dieu, sans exception croyants ou incroyants, que tous avaient besoin d’être soignés, qu’il faisait son devoir de prêtre.

Quelle tristesse pour ses paroissiens, quand nous avons appris son arrestation par les nazis avec son voisin, M. Blanchot, qui, lui, participait au ravitaillement des maquisards.

À son départ précipité du presbytère, il confie son petit chien « Poutiou » à sa servante, Jeanne Cloix en ajoutant qu’il saurait se taire. M. Blanchot était le cousin de maman.

La dépouille de l’Abbé Bornet nous est revenue, sa sépulture au fond de l’église a toujours été très honorée.

C’est pourquoi pour nous, Gluxois, cette église est sacrée.

Nous avons espoir que notre association, créée et motivée par les habitants de Glux, trouvera assez d’argent pour achever les travaux et qu’à nouveau nous puissions fleurir sa tombe comme il se doit en souvenir de cet homme hors du commun, afin de pouvoir à nouveau célébrer les offices religieux, surtout pour nos défunts.

Sa mémoire restera toujours dans nos cœurs, avec nos prières pour sa mort tragique qui a sauvé de jeunes Français de notre Morvan.

En espérant que les générations futures n’auront pas à revivre une semblable époque, aussi douloureuse.