Il m’est demandé si je me souviens de l’Abbé Bornet.
Oui, comment oublier tant de choses si gravées dans notre mémoire pour un homme qui faisait tant de bien ?
Le souhait que je fais de tout cœur, c’est que l’église rouvre ses portes, comme au bon vieux temps où nous avions notre curé, l’Abbé Bornet.
C’est avec lui que j’ai fait ma première communion en 1942, au mois de juin.
À la célébration de l’office des vêpres, il nous faisait apporter une petite couronne de marguerites, offerte à la Vierge, que nous déposions sur l’autel en chantant « Bonne Marie, prends ma couronne, je te la donne. Au ciel, n’est-ce pas, tu me la rendras. »
Je me souviens aussi de son retour d’Allemagne, prisonnier il avait été démobilisé de cette guerre.
Arrivant un dimanche pendant la célébration de la messe, nous étions à chanter à la « chorale de Glux ».
Pour ne pas déranger, il s’était assis au fond de l’église, attendant la fin de l’office célébré par l’Abbé Monteillet, curé de Villapourçon.
Quelle joie pour les paroissiens !
C’était un prêtre si bon pour tous et dévoué envers les malades.
Je me souviens qu’il faisait des piqûres à ma voisine, atteinte de tuberculose. Il était très serviable, il disait qu’il était au service de Dieu, sans exception croyants ou incroyants, que tous avaient besoin d’être soignés, qu’il faisait son devoir de prêtre.
Quelle tristesse pour ses paroissiens, quand nous avons appris son arrestation par les nazis avec son voisin, M. Blanchot, qui, lui, participait au ravitaillement des maquisards.
À son départ précipité du presbytère, il confie son petit chien « Poutiou » à sa servante, Jeanne Cloix en ajoutant qu’il saurait se taire. M. Blanchot était le cousin de maman.
La dépouille de l’Abbé Bornet nous est revenue, sa sépulture au fond de l’église a toujours été très honorée.
C’est pourquoi pour nous, Gluxois, cette église est sacrée.
Nous avons espoir que notre association, créée et motivée par les habitants de Glux, trouvera assez d’argent pour achever les travaux et qu’à nouveau nous puissions fleurir sa tombe comme il se doit en souvenir de cet homme hors du commun, afin de pouvoir à nouveau célébrer les offices religieux, surtout pour nos défunts.
Sa mémoire restera toujours dans nos cœurs, avec nos prières pour sa mort tragique qui a sauvé de jeunes Français de notre Morvan.
En espérant que les générations futures n’auront pas à revivre une semblable époque, aussi douloureuse.
Bien qu’ayant fait mon éducation du catéchisme à Villapourçon, j’ai fait ma première communion à Glux ; c’était en 1937.
La famille avait tenu que cette communion se passe à l’église de Glux, car j’avais une cousine, pour que notre grand-mère à toutes les deux puisse y assister.
C’est donc avec l’Abbé Bornet que nous avons célébré ce sacrement.
C’était la coutume : nous déjeunions chez lui. Pour le repas, le hasard avait voulu que je me retrouve à ses côtés. Je me souviens de ses paroles : « Tu t’en souviendras toute ta vie que pour le repas de ta première communion tu étais assise à côté de Monsieur le Curé. »
Cela dit, je me souviens de son arrestation par les Allemands.
J’étais à Glux, employée à la distribution des tickets de ravitaillement quand nous avons vu descendre les camions d’Allemands qui se sont dispersés dans le bourg. C’est le maire, M. Thomas, qui s’est étonné de voir les soldats en armes.
Puis la suite, son arrestation.
Ce prêtre était d’une très grande bonté. Nous avons assisté à ses funérailles.
Malgré une église en pleine restauration, l’Abbé Camille Bornet avait su faire une cérémonie digne et joyeuse pour notre première communion ; c’était le 16 juin 1938.
Après la messe, nous étions attendus à la cure pour un copieux petit-déjeuner servi par Jeanne Cloix, sa fidèle servante.
Notre cher Abbé était déjà parti à pied dire la messe à Saint-Prix.
Ensuite, avec nos robes blanches, nous allions à sa rencontre sur la route de Villechaise. Nous étions quatre filles et autant de garçons. Accompagnés de notre cher Abbé, nous rentrions au presbytère pour le déjeuner.
Qu’avons-nous mangé, je ne m’en souviens plus, du dessert, oui, c’était un gâteau de semoule et une crème à la vanille.
L’Abbé nous avait fait rire : « Nous avions un bon gâteau, et Jeanne nous l’a sali. »
Une bouteille de mousseux avait été offerte à l’Abbé et il avait tenu à nous la faire partager. Un garçon un peu plus gourmand n’avait pas pu assister aux vêpres.
Aujourd’hui, l’occasion m’est donnée de pouvoir me remémorer sur tous les bons souvenirs que j’ai sur l’Abbé Bornet.
C’est avec lui que j’ai fait ma première communion en 1935.
C’était une cérémonie très bien organisée comme il le faisait habituellement. Nous chantions de magnifiques cantiques.
L’intérieur de l’église, les autels ornés de fleurs avec un style toujours très accueillant pour les paroissiens.
Je me souviens de ses trajets qu’il faisait pour se rendre à Saint-Prix. Notre jardin se trouvait en bordure du chemin, hameau de Villechaise.
Bien que mon père n’était pas tellement homme d’église, il aimait faire la conversation avec ce prêtre, qu’il trouvait très agréable, c’était un homme hors du commun.
Nous avons été très peinés lors de son arrestation par les Allemands, et par la suite quand nous avons appris son décès avec la connaissance de son douloureux calvaire.
C’est avec une grande tristesse que nous avons assisté à ses funérailles, parmi une foule nombreuse.
Je veux m’exprimer sur les bons souvenirs que j’ai toujours conservés en mémoire sur ce prêtre, l’Abbé Bornet.
C’est avec lui que j’ai fait mon éducation pour les leçons de catéchisme. Les cours étaient donnés avec l’aide de la comtesse Mme de Verclos.
Mais hélas, je n’ai pas eu l’occasion de faire ma première communion avec lui, le destin en avait décidé autrement.
Notre très cher Abbé Bornet fut arrêté par les Allemands, victime de son patriotisme envers sa patrie.
Lors de ses funérailles, j’avais beaucoup de peine. Nous étions nombreux à lui rendre un dernier hommage. Ce fut une cérémonie très émouvante, une journée de tristesse.
Son inhumation au fond de l’église a toujours été très honorée, bien entretenue avec des fleurs continuellement.
Je veux m’exprimer sur la bonté de ce prêtre, sa gentillesse, sa simplicité avec les enfants, toujours très tolérant suivant comme on avait bien appris sa leçon de catéchisme.
Devenue adulte, je faisais partie de la chorale dirigée par Mlle Albertine Bondeau. Nous étions aussi sollicitées pour faire le nettoyage de l’église.
Nous avions été très attristés quand nous avons su son arrestation par les Allemands et surtout après avoir eu connaissance des circonstances de son décès.
Je me souviens d’une foule nombreuse le jour de ses obsèques, tous unis dans la même douleur venus lui rendre un dernier hommage.
J’avais 5 ans en 1930 quand je suis arrivée à Glux, mes parents nourriciers étaient boulangers.
Je n’ai que de bons souvenirs de l’Abbé Bornet.
J’avais souvent l’occasion de le voir, quand il venait chercher le pain, nous faisions aussi la vente de pots pour les fleurs qu’il venait acheter pour faire ses plantations.
Je me souviens de ce va-et-vient entre le presbytère et l’église, accompagné de son fidèle compagnon, son petit chien Poutiou.
Quand il avait un office à célébrer, il lui ouvrait la porte du clocher puis il montait, s’installait à la tribune et de tout là-haut il contemplait son maître.
Je dirais aussi que c’est avec lui que j’ai fait ma première communion.
Je me souviens aussi de la restauration de l’intérieur de l’église, il en avait pris la responsabilité avec l’accord de M. Jean Thomas, maire à cette époque ; c’était en 1937.
Les travaux avaient été exécutés par l’entreprise Armand de Saint-Léger-sous-Beuvray. Mais disons que les portes de l’entrée de la nef avaient été faites par M. Blanchot Émile, arrêté le même jour.
Nous avons été très affectés par leur disparition, surtout quand nous avons eu connaissance du calvaire de l’Abbé Bornet.
Dans la région nous n’avons que de très bons souvenirs de l’Abbé Bornet.
Il était très sociable, croyants ou incroyants il ne faisait aucune différence. Il était toujours prêt à rendre service auprès des malades, il accomplissait des soins d’infirmier.
J’ai été très déçu par son arrestation par les Allemands, je devais faire ma première communion ce 8 juin 1944.
Quelle déception, quelle tristesse, nous avons eu encore beaucoup plus de peine quand nous avons appris son décès, et par la suite, quand nous avons eu connaissance de son calvaire.
Sa bonté, sa gentillesse sont toujours restées gravées dans ma mémoire.