Archives du mot-clé Patriotisme

Bérard Jeanne, La Grande-Verrière (71990)

Je me souviens très bien de l’Abbé Bornet, un prêtre très estimé dans les deux paroisses, Glux et Saint-Prix.

C’est avec lui que j’ai fait ma première communion, le 13 juin 1943.

C’est une cérémonie qui marque la vie.

Pendant la retraite de communion, l’Abbé Bornet nous avait emmenés à la Goulotte, une ferme abandonnée dans le bois. Là, il nous avait laissé un peu de temps libre. Puis, la retraite terminée, nous sommes descendus à Saint-Prix à pied.

Le jour de la première communion, nous nous sommes rassemblés place de l’église, les garçons en costume avec le brassard blanc, les filles en robe de mousseline et voile blanc.

Tous les communiants sont montés dans l’église et se sont installés près du chœur. Nous sommes descendus au bas de l’église en cortège prononcer les vœux en posant une main sur le missel du prêtre installé pour cette cérémonie.

Puis la messe a débuté. Avant la communion, les filles se réunissaient en demi-cercle autour de la Vierge Marie installée pour ce jour sur un piédestal, une couronne de fleurs blanches à la main, nous la levions à bout de bras vers la Vierge en chantant « Bonne Marie, je te confie mon cœur ici-bas ».

Ce jour-là, le drapeau français était hissé derrière l’autel.

Cette journée est resté gravée dans ma mémoire. L’Abbé Bornet faisait de très belles cérémonies.

Il est gravé dans nos mémoires.

Famille Leclerc Paul – Saint-Prix – En mémoire de l’Abbé Bornet

Âgé de bientôt 88 ans et habitant de Saint-Prix, je me souviens très bien de notre Abbé Bornet.

C’est lui qui m’a fait faire ma première communion. C’était dans le début qu’il était à Glux.

Toujours serviable et dévoué, il était l’ami de tous sans distinction de classe, croyants, non-croyants, jeunes ou personnes âgées.

Je garde un souvenir inoubliable de ce prêtre hors du commun qui a donné sa vie pour son pays face à l’ennemi, après avoir supporté tant de souffrances infligées par les Allemands.

Nous conservons précieusement sa photo dans notre maison, espérant qu’il veille sur ses anciens paroissiens.

Témoignage de Mme Lecomte Germaine, née Rollot, à Glux-en-Glenne

Je suis la doyenne de Glux, c’est un honneur pour moi de pouvoir témoigner sur l’Abbé Bornet.

J’ai 87 ans, mais avec encore assez de mémoire à pouvoir m’expliquer sur les souvenirs que j’ai gardés sur ce prêtre, hors du commun, d’une extrême bonté.

Arrivé au service des paroissiens de Glux en 1931 ; c’est avec lui que j’ai fait ma première communion le 4 juin 1931.

Nous étions émerveillés par son savoir-faire en tant que prêtre pour organiser de très belles cérémonies. Il savait embellir l’église avec toutes ces belles fleurs qu’il cultivait dans son jardin.

Il nous apprenait aussi de magnifiques cantiques, nous partions du presbytère en cortège en chantant « Je suis chrétien, voilà ma gloire, etc. », et le déjeuner se faisait chez lui avec la participation des frais, avec la générosité de Madame la comtesse de Contenson.

Le déjeuner était préparé par sa fidèle servante, Mlle Olympe, qui est restée à son service jusqu’à son décès. La cérémonie des funérailles fut célébrée par l’Abbé Bornet à l’église, sa sépulture a eu lieu au cimetière de Glux.

En 1937, il avait pris avec M. Thomas, maire à cette époque, la lourde responsabilité de faire restaurer l’intérieur de l’église.

Pour récupérer les fonds nécessaires auprès de la mairie et des gens de la commune, la tâche n’était pas facile ; sa popularité, son extrême bonté, ses nombreux amis dans la région de Decize, où il avait été vicaire et président du club de foot, leur avaient apporté une aide financière très appréciable.

Habitant à proximité de l’église, j’aimais aller me recueillir sur la tombe, toujours bien entretenue et bien fleurie.

Mais hélas depuis 2001, jusqu’à ce jour, l’église est fermée au public.



Pour conclure mon récit, je pense que ce prêtre simple, serviable envers la population, comme il l’a été au service de la nation, qu’un jour il devrait être canonisé.

Nous attendons avec impatience la réouverture de l’église.

Jacqueline Lefèvre, née Clément

Je me souviens très bien de Camille Bornet.

C’est avec lui que j’ai fait ma communion solennelle en 1942.

Nous étions nombreux. Une très belle cérémonie.

Départ de la cure, en rang deux par deux, en chantant « Je suis chrétien, voilà ma gloire » jusque dans le chœur de l’église.

Ensuite, il y avait les vêpres et toujours les cantiques, les fonts baptismaux et « Bonne Marie, je te confie mon cœur ici-bas ».

Ces belles journées sont gravées dans nos cœurs.

Hélas, d’autres le sont également, mais avec une grande tristesse, car le destin a frappé fort.

Un patriote exemplaire qui a donné sa vie pour sauver les autres.

Comme le chante la chorale paroissiale tous les ans pour la messe du 8 mai, « plus jamais de guerre ».

Un prêtre qui rend des visites à ses paroissiens, et qui apporte toujours la bonne parole.

Toute ma famille garde de lui un souvenir ému.

André Lefèvre, ancien résistant

Je me souviens très bien de l’Abbé Camille Bornet.

C’est avec lui que j’ai fait ma communion solennelle et ma confirmation à Saint-Prix.

Un prêtre d’une très grande sympathie, aimé de tous.

La stèle érigée à son nom près de l’église à l’initiative de Jacques Crozatier a été très appréciée.

Un patriote exemplaire, victime de trahison, qui a donné sa vie pour sauver les autres.

Engagé volontaire dans la Résistance en 1944 au camp des Fraîchots, je me souviens de ces moments incertains.

Tous les ans, au mois de septembre, nous honorons les stèles, et la minute de silence est très respectée.

Une inscription y figure : « Passant, n’oublie pas. »

Comment oublier ces combattants de l’ombre ?

Souvenirs Stechny Richard, Glux-en-Glenne

Je veux m’exprimer sur les bons souvenirs que j’ai toujours conservés en mémoire sur ce prêtre, l’Abbé Bornet.

C’est avec lui que j’ai fait mon éducation pour les leçons de catéchisme. Les cours étaient donnés avec l’aide de la comtesse Mme de Verclos.

Mais hélas, je n’ai pas eu l’occasion de faire ma première communion avec lui, le destin en avait décidé autrement.

Notre très cher Abbé Bornet fut arrêté par les Allemands, victime de son patriotisme envers sa patrie.

Lors de ses funérailles, j’avais beaucoup de peine. Nous étions nombreux à lui rendre un dernier hommage. Ce fut une cérémonie très émouvante, une journée de tristesse.

Son inhumation au fond de l’église a toujours été très honorée, bien entretenue avec des fleurs continuellement.

Souvenirs témoignage – André Doreau, Saint-Prix

Je me souviens de ce prêtre hors du commun, très sociable avec la population des deux communes Saint-Prix et Glux.

C’est avec lui que j’ai fais ma première communion en 1939, année douloureuse car, en août, c’était la déclaration de la guerre avec les Allemands.

Période 1939 à 1945 où nous avons eu la tristesse de perdre notre prêtre, victime de son dévouement envers sa patrie en juin 1944 ; il nous quittait dans des conditions atroces.

Nous avons eu un grand regret de ce prêtre tant dévoué pour la région, avec l’aide de ses capacités médicales envers les malades, surtout à cette époque où nous avions des difficultés à avoir des docteurs.

C’est avec beaucoup de tristesse que j’avais assisté à ses funérailles.