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Témoignage de Mme Thérèse Portrat, née Blanchot, à Couches-les-Mines

Renseignements et souvenirs de l’arrestation de l’Abbé Bornet

Je me souviens de ce jour du 31 mai 1944.

Journées de grande inquiétude dans la région.

Notre maison est située au hameau de l’Échenault, en bordure de route. Nos portes de communication avec l’extérieur se trouvent en hauteur au sommet d’un balcon avec de nombreuses marches.

Ce jour je me trouvais donc à l’extérieur, ce qui m’avait permis de voir les tractions avant comme on les appelait à cette époque.

Tout d’abord j’ai été surprise de voir défiler ces voitures noires.

Une première, dans la deuxième j’ai très bien reconnu l’Abbé Bornet, au centre, entouré par les soldats allemands, puis une troisième et une quatrième avec sans doute son voisin, Monsieur Blanchot Émile, arrêté ce même jour.

Cela se se passait aux alentours de midi.

Mes parents avaient une scierie située au pied au pied du Mont Beuvray, tout près de la forêt. Les ouvriers employés par mon père venaient pour le déjeuner, les voitures allemandes les ont croisés.

Ils ont été surpris de les voir ralentir. L’un d’eux à pu entendre leur conversation : « Qui sont ces gens-là ? », il a entendu la réponse donnée par le prêtre, il leur a dit « ce sont des ouvriers qui viennent de la scierie ».

Est-ce qu’ils avaient la crainte de rencontrer des maquisards à proximité de la forêt ? Car c’est à peu près sûr qu’il y en avait.

Après cette conversation, ils ont poursuivi leur chemin en prenant la route long longeant le Mont Beuvray.

Mes parents tenaient aussi un café et faisaient aussi quelques fois restaurant. Donc c’est de temps à autre que les jeunes qui perchaient dans la forêt, à quelques centaines de mètres, venaient chercher de la nourriture chez nous.

Ma mère leur transportait le ravitaillement dans un grand panier qu’elle mettait dans la brouette, qu’elle recouvrait d’un drap blanc, pour faire croire qu’elle allait faire sa lessive.

La suite de tout ce récit, nous l’avons connu les jours suivants.

L’arrestation, Nevers, puis Chalon-sur-Saône, lieu de son supplice, puis de son décès.

Souvenirs et témoignage de Irène Fourcroy Sekulova

J’ai de bons souvenirs de l’Abbé Camille Bornet.

J’habitais Villechaise, lorsqu’il revenait de Saint-Prix pour célébrer la messe à Glux, il passait à la maison nous dire bonjour et nous faisions le chemin Villechaise-Glux en sa compagnie pour assister à la messe.

Il était d’une grande gentillesse et dévoué.

Je me souviens qu’il venait prodiguer des soins à une tante qui était malade.

Le jour de son arrestation, nous allions à l’école, nous avons vu les Allemands à proximité du presbytère emmenant notre cher curé.

C’était la panique et une grande tristesse.

Je ne l’oublierai jamais.

J’ai sa photo dans mon album.

Conclusion

Depuis cette triste époque de la « libération », beaucoup d’années se sont écoulées, mais cependant le souvenir est resté gravé dans la mémoire.

Tous ces témoignages recueillis nous rappellent les bons moments, les innombrables services rendus par l’Abbé Bornet.

Ce prêtre desservant les deux paroisses Glux-en-Glenne (Nièvre) et Saint-Prix (Saône-et-Loire).

Tous ces récits sont le reflet du souvenir et de son immense bonté.

Souvenirs – Loiseau Joseph, Saint-Prix (71)

J’ai connu l’Abbé Bornet depuis mon jeune âge et je suis resté très sensible à la mémoire de cet abbé.

J’ai été enfant de chœur avec lui à l’âge de 8 ans.

Tous les jeudis et les dimanches, il venait à pied depuis Glux à Saint-Prix en passant par le moulin de la Planche, là où habitait ma famille et la famille Alexandre.

Je parcourais donc le trajet pour aller à Saint-Prix avec lui ainsi que ma sœur Berthe, et tout en marchant, il nous racontait toujours quelques histoires.

C’est donc en 1944, en revenant du catéchisme, qu’il me dit : « Tu sais, je ne pourrai pas te faire communier », mais sans me dire la raison.

En rentrant à Glux, il s’arrêtait chez mes parents pour acheter des produits fermiers (œufs, fromage ou lait) et ma grand-mère avait l’habitude de lui offrir un bol de café au lait car c’était son régal.

Je me souviens une certaine fois qu’il mangeait un morceau de fromage, il dit comme ça à ma grand-mère :

« Tu sais, Francine, si c’était permis de jurer, je dirais “Cré nom de Dieu, le bon fromage”. »

L’Abbé Bornet était très serviable et il était aimé de tous.

Malheureusement, la guerre de 39-45 l’a emmené à une mort affreuse (torturé par les Allemands).

Cher Abbé : comme ton bon cœur, tous mes bons souvenirs resteront près de toi.

Mme Yver, née Dudragne, Andrée, Saint-Léger-sous-Beuvray

Bien que jeune adolescente, j’ai beaucoup de souvenirs de l’Abbé Bornet, nous en avons tellement parlé en famille, des souvenirs inoubliables sur la bonté de ce prêtre.

C’est avec lui que j’ai fait ma première communion à l’église de Saint-Prix, c’était en 1943.

Quand nous avons appris son arrestation par les Allemands, en 1944, quelle tristesse ce fut dans la région. Surtout quand nous avons appris son décès, que son douloureux calvaire a été porté à notre connaissance.

Très aimé, il a été très regretté dans la région.

Avec ma famille, j’avais assisté aux funérailles parmi une foule nombreuse venue lui rendre un dernier hommage.

Quand j’ai l’occasion de passer à l’église de Glux, je me remémore sur sa tombe, mais là, depuis 2001, elle est fermée au public et promise pour la Pentecôte à la réouverture.

J’ai bien intention d’assister à cette inauguration.

Souvenirs et témoignage – Barnay Roland

Bien que jeune adolescent, j’ai beaucoup de bons souvenirs de l’Abbé Bornet.

C’est avec lui que j’ai fait ma première communion, c’était en 1943.

J’ai aussi le souvenir de ma confirmation avec l’évêque d’Autun, nous avions toujours notre cher Abbé, mais hélas, une année plus tard, nous avons été dans la région très attristés par son arrestation par les Allemands, puis par la suite lorsque nous avons eu connaissance de son calvaire.

Il était très aimé dans la région, il rendait beaucoup de service auprès des malades.

Avec ma famille, nous avons assisté à ses funérailles, parmi une foule nombreuse.

Quand j’ai l’occasion de passer à l’église de Glux, je fais une halte sur sa tombe, toujours bien fleurie.

Souvenirs témoignage – Mme Demizieux Jeanne, née Bazot, Saint-Prix

Je veux m’exprimer sur l’extrême bonté, la simplicité de ce prêtre ; croyants ou incroyants, il ne faisait aucune différence.

Il apportait son concours pour aider à soigner les malades.

C’est avec lui que j’ai fait ma première communion, c’était en juin 1938, il faisait de très belles cérémonies, il savait embellir l’église, ce qui était très accueillant pour les paroissiens.

Dans la région, il a laissé un souvenir très marquant.

Ses nombreux voyages à pied entre Glux et Saint- Prix, trajets assez longs, environ 5 km.

Notre maison située à quelques mètres de la route, c’est souvent qu’il venait faire une petite halte chez mes parents qui le recevaient avec grand plaisir et l’invitaient souvent à déjeuner. Bien que jeune adolescente, je me plaisais beaucoup à écouter des conversations très agréables.

À son décès, nous avons été très affectés par sa disparition, surtout quand nous avons eu connaissance de son calvaire. Avec toute ma famille, nous avons assisté à ses funérailles.

Sa tombe au fond de l’église a toujours été très honorée.

Quand j’ai l’occasion, je me remémore sur sa sépulture.

Famille Guillon Marcel, Saint-Prix

Je suis âgé de 74 ans, j’ai toujours habité à Saint-Prix.

Bien qu’adolescent, je me souviens très bien des cérémonies célébrées par l’Abbé Bornet.

Mes souvenirs seront brefs.

Dans ma famille, on a beaucoup parlé de ce prêtre qui était très apprécié dans la région.

J’avais commencé mon éducation du catéchisme avec lui.

Nous avons été très affectés par sa disparition, il a été beaucoup regretté.

Quand j’ai l’occasion de passer à l’église, je vais me recueillir sur sa tombe.

Témoignage souvenirs – Marconnet Armand, Saint-Prix

Moi, Armand Marconnet, né à Saint-Prix en 1921, ai eu le grand plaisir de bien connaître l’Abbé Bornet, étant donné que quand il est arrivé, j’ai été son enfant de chœur, et qu’il m’avait fait entrer à l’école libre des Minimes à Decize, Nièvre.

Il était très aimé à Saint-Prix.

Après toutes les cérémonies, il venait faire un tour chez mes parents qui tenaient le café à côté de l’église.

Il était très apprécié de la population, il avait pris la responsabilité de faire réparer l’église.

Sa popularité lui avait permis, auprès de ses nombreux amis de Decize, de récupérer gratuitement les carrelages pour le chœur, offerts par l’usine de céramique Boigues. L’harmonie de Decize était venue pour l’inauguration.

Nous avons été très affectés par sa disparition, surtout quand nous avons eu connaissance de son décès.

Avec ma famille, j’avais assisté à ses funérailles, célébrées à l’église de Glux où il est inhumé.

Témoignage – Yvonne Clément, Luzy – Familles Doreau Duvernoy

Je me souviens très bien de notre prêtre l’Abbé Bornet.

Ma communion solennelle réalisée par ce prêtre a été parfaite.

C’était un prêtre hors pair.

Il a participé ardemment à soigner ma sœur Lucienne Doreau, à cette époque, âgée de 18 ans, atteinte de méningite dont elle a été guérie.

Il a fait toujours beaucoup de bien autour de lui durant toute son existence et a sauvé de nombreuses personnes pendant cette affreuse guerre.

Il était apprécié par tout le monde, mais malheureusement a subi une cruelle trahison. Il a beaucoup souffert avant de décéder.

Toute la succession des familles Duvernoy et Doreau ne l’oubliera jamais car nous avons souvent parlé de lui en famille.

D’ailleurs, pour ceux qui possèdent Internet, allez sur le site « Mémoires du Pays de Glux-en-Glenne » (site où l’on parle beaucoup de la gentillesse de ce prêtre).

Mireille Petit Scevolat, témoigne pour sa maman Raymonde Baret, épouse Petit

Je me souviens beaucoup des récits de ma chère maman aujourd’hui disparue concernant les souvenirs qu’elle avait gardés de ce prêtre.

Elle me faisait beaucoup d’éloges de ce prêtre, c’est pourquoi je veux témoigner pour elle.

C’est avec lui qu’elle avait fait sa première communion en 1942.

Ce qui lui était resté tellement gravé dans sa mémoire, c’est son arrestation par les Allemands. Ma maman se prénommait Raymonde.

Ce jour du 30 mai 1944, elle déjeunait chez les voisins de l’Abbé, M. Blanchot Émile, arrêté ce même jour. Elle disait : nous étions quatre enfants à déjeuner, Pierrot, Robert, les enfants d’Émile, ma mère et son frère, Roger Baret.

Ils avaient été saisi d’une grande frayeur quand les militaires allemands avaient pénétré dans la maison. Ils avaient été priés de sortir, puis ils les avaient plaqués le long du mur longeant la route, obligés à maintenir les mains en l’air, entourés par les Allemands, armés de mitraillettes.

L’atroce calvaire pour elle était restée inoubliable, ce qui l’avait encore plus effrayée, c’est quand elle avait vu sortir M. Blanchot, les mains derrière la tête avec les soldats en armes, elle me disait qu’elle sentait ses jambes flageoler.

Les deux plus jeunes enfants avaient pris le risque de fuir. Pierrot et maman avaient tenu jusqu’à la fin du scénario.

Après le départ des Allemands, ils avaient dû retourner à l’école.

Ils avaient gardé l’espoir de les revoir.

Les habitants de Glux avaient été très affectés par leur décès et leur calvaire.

C’est avec une grande tristesse qu’elle avait assisté aux funérailles.

Deuxième partie du témoignage, la première partie manque mais a pu être retranscrite