Âgé de bientôt 88 ans et habitant de Saint-Prix, je me souviens très bien de notre Abbé Bornet.
C’est lui qui m’a fait faire ma première communion. C’était dans le début qu’il était à Glux.
Toujours serviable et dévoué, il était l’ami de tous sans distinction de classe, croyants, non-croyants, jeunes ou personnes âgées.
Je garde un souvenir inoubliable de ce prêtre hors du commun qui a donné sa vie pour son pays face à l’ennemi, après avoir supporté tant de souffrances infligées par les Allemands.
Nous conservons précieusement sa photo dans notre maison, espérant qu’il veille sur ses anciens paroissiens.
Moi, Armand Marconnet, né à Saint-Prix en 1921, ai eu le grand plaisir de bien connaître l’Abbé Bornet, étant donné que quand il est arrivé, j’ai été son enfant de chœur, et qu’il m’avait fait entrer à l’école libre des Minimes à Decize, Nièvre.
Il était très aimé à Saint-Prix.
Après toutes les cérémonies, il venait faire un tour chez mes parents qui tenaient le café à côté de l’église.
Il était très apprécié de la population, il avait pris la responsabilité de faire réparer l’église.
Sa popularité lui avait permis, auprès de ses nombreux amis de Decize, de récupérer gratuitement les carrelages pour le chœur, offerts par l’usine de céramique Boigues. L’harmonie de Decize était venue pour l’inauguration.
Nous avons été très affectés par sa disparition, surtout quand nous avons eu connaissance de son décès.
Avec ma famille, j’avais assisté à ses funérailles, célébrées à l’église de Glux où il est inhumé.
Je me souviens très bien de notre prêtre l’Abbé Bornet.
Ma communion solennelle réalisée par ce prêtre a été parfaite.
C’était un prêtre hors pair.
Il a participé ardemment à soigner ma sœur Lucienne Doreau, à cette époque, âgée de 18 ans, atteinte de méningite dont elle a été guérie.
Il a fait toujours beaucoup de bien autour de lui durant toute son existence et a sauvé de nombreuses personnes pendant cette affreuse guerre.
Il était apprécié par tout le monde, mais malheureusement a subi une cruelle trahison. Il a beaucoup souffert avant de décéder.
Toute la succession des familles Duvernoy et Doreau ne l’oubliera jamais car nous avons souvent parlé de lui en famille.
D’ailleurs, pour ceux qui possèdent Internet, allez sur le site « Mémoires du Pays de Glux-en-Glenne » (site où l’on parle beaucoup de la gentillesse de ce prêtre).
Je suis la doyenne de Glux, c’est un honneur pour moi de pouvoir témoigner sur l’Abbé Bornet.
J’ai 87 ans, mais avec encore assez de mémoire à pouvoir m’expliquer sur les souvenirs que j’ai gardés sur ce prêtre, hors du commun, d’une extrême bonté.
Arrivé au service des paroissiens de Glux en 1931 ; c’est avec lui que j’ai fait ma première communion le 4 juin 1931.
Nous étions émerveillés par son savoir-faire en tant que prêtre pour organiser de très belles cérémonies. Il savait embellir l’église avec toutes ces belles fleurs qu’il cultivait dans son jardin.
Il nous apprenait aussi de magnifiques cantiques, nous partions du presbytère en cortège en chantant « Je suis chrétien, voilà ma gloire, etc. », et le déjeuner se faisait chez lui avec la participation des frais, avec la générosité de Madame la comtesse de Contenson.
Le déjeuner était préparé par sa fidèle servante, Mlle Olympe, qui est restée à son service jusqu’à son décès. La cérémonie des funérailles fut célébrée par l’Abbé Bornet à l’église, sa sépulture a eu lieu au cimetière de Glux.
En 1937, il avait pris avec M. Thomas, maire à cette époque, la lourde responsabilité de faire restaurer l’intérieur de l’église.
Pour récupérer les fonds nécessaires auprès de la mairie et des gens de la commune, la tâche n’était pas facile ; sa popularité, son extrême bonté, ses nombreux amis dans la région de Decize, où il avait été vicaire et président du club de foot, leur avaient apporté une aide financière très appréciable.
Habitant à proximité de l’église, j’aimais aller me recueillir sur la tombe, toujours bien entretenue et bien fleurie.
Mais hélas depuis 2001, jusqu’à ce jour, l’église est fermée au public.
Pour conclure mon récit, je pense que ce prêtre simple, serviable envers la population, comme il l’a été au service de la nation, qu’un jour il devrait être canonisé.
Nous attendons avec impatience la réouverture de l’église.
Je me souviens beaucoup des récits de ma chère maman aujourd’hui disparue concernant les souvenirs qu’elle avait gardés de ce prêtre.
Elle me faisait beaucoup d’éloges de ce prêtre, c’est pourquoi je veux témoigner pour elle.
C’est avec lui qu’elle avait fait sa première communion en 1942.
Ce qui lui était resté tellement gravé dans sa mémoire, c’est son arrestation par les Allemands. Ma maman se prénommait Raymonde.
Ce jour du 30 mai 1944, elle déjeunait chez les voisins de l’Abbé, M. Blanchot Émile, arrêté ce même jour. Elle disait : nous étions quatre enfants à déjeuner, Pierrot, Robert, les enfants d’Émile, ma mère et son frère, Roger Baret.
Ils avaient été saisi d’une grande frayeur quand les militaires allemands avaient pénétré dans la maison. Ils avaient été priés de sortir, puis ils les avaient plaqués le long du mur longeant la route, obligés à maintenir les mains en l’air, entourés par les Allemands, armés de mitraillettes.
L’atroce calvaire pour elle était restée inoubliable, ce qui l’avait encore plus effrayée, c’est quand elle avait vu sortir M. Blanchot, les mains derrière la tête avec les soldats en armes, elle me disait qu’elle sentait ses jambes flageoler.
Les deux plus jeunes enfants avaient pris le risque de fuir. Pierrot et maman avaient tenu jusqu’à la fin du scénario.
Après le départ des Allemands, ils avaient dû retourner à l’école.
Ils avaient gardé l’espoir de les revoir.
Les habitants de Glux avaient été très affectés par leur décès et leur calvaire.
C’est avec une grande tristesse qu’elle avait assisté aux funérailles.
Deuxième partie du témoignage, la première partie manque mais a pu être retranscrite