Souvenirs et témoignage de Irène Fourcroy Sekulova

J’ai de bons souvenirs de l’Abbé Camille Bornet.

J’habitais Villechaise, lorsqu’il revenait de Saint-Prix pour célébrer la messe à Glux, il passait à la maison nous dire bonjour et nous faisions le chemin Villechaise-Glux en sa compagnie pour assister à la messe.

Il était d’une grande gentillesse et dévoué.

Je me souviens qu’il venait prodiguer des soins à une tante qui était malade.

Le jour de son arrestation, nous allions à l’école, nous avons vu les Allemands à proximité du presbytère emmenant notre cher curé.

C’était la panique et une grande tristesse.

Je ne l’oublierai jamais.

J’ai sa photo dans mon album.

Conclusion

Depuis cette triste époque de la « libération », beaucoup d’années se sont écoulées, mais cependant le souvenir est resté gravé dans la mémoire.

Tous ces témoignages recueillis nous rappellent les bons moments, les innombrables services rendus par l’Abbé Bornet.

Ce prêtre desservant les deux paroisses Glux-en-Glenne (Nièvre) et Saint-Prix (Saône-et-Loire).

Tous ces récits sont le reflet du souvenir et de son immense bonté.

Souvenirs – Loiseau Joseph, Saint-Prix (71)

J’ai connu l’Abbé Bornet depuis mon jeune âge et je suis resté très sensible à la mémoire de cet abbé.

J’ai été enfant de chœur avec lui à l’âge de 8 ans.

Tous les jeudis et les dimanches, il venait à pied depuis Glux à Saint-Prix en passant par le moulin de la Planche, là où habitait ma famille et la famille Alexandre.

Je parcourais donc le trajet pour aller à Saint-Prix avec lui ainsi que ma sœur Berthe, et tout en marchant, il nous racontait toujours quelques histoires.

C’est donc en 1944, en revenant du catéchisme, qu’il me dit : « Tu sais, je ne pourrai pas te faire communier », mais sans me dire la raison.

En rentrant à Glux, il s’arrêtait chez mes parents pour acheter des produits fermiers (œufs, fromage ou lait) et ma grand-mère avait l’habitude de lui offrir un bol de café au lait car c’était son régal.

Je me souviens une certaine fois qu’il mangeait un morceau de fromage, il dit comme ça à ma grand-mère :

« Tu sais, Francine, si c’était permis de jurer, je dirais “Cré nom de Dieu, le bon fromage”. »

L’Abbé Bornet était très serviable et il était aimé de tous.

Malheureusement, la guerre de 39-45 l’a emmené à une mort affreuse (torturé par les Allemands).

Cher Abbé : comme ton bon cœur, tous mes bons souvenirs resteront près de toi.

Bérard Jeanne, La Grande-Verrière (71990)

Je me souviens très bien de l’Abbé Bornet, un prêtre très estimé dans les deux paroisses, Glux et Saint-Prix.

C’est avec lui que j’ai fait ma première communion, le 13 juin 1943.

C’est une cérémonie qui marque la vie.

Pendant la retraite de communion, l’Abbé Bornet nous avait emmenés à la Goulotte, une ferme abandonnée dans le bois. Là, il nous avait laissé un peu de temps libre. Puis, la retraite terminée, nous sommes descendus à Saint-Prix à pied.

Le jour de la première communion, nous nous sommes rassemblés place de l’église, les garçons en costume avec le brassard blanc, les filles en robe de mousseline et voile blanc.

Tous les communiants sont montés dans l’église et se sont installés près du chœur. Nous sommes descendus au bas de l’église en cortège prononcer les vœux en posant une main sur le missel du prêtre installé pour cette cérémonie.

Puis la messe a débuté. Avant la communion, les filles se réunissaient en demi-cercle autour de la Vierge Marie installée pour ce jour sur un piédestal, une couronne de fleurs blanches à la main, nous la levions à bout de bras vers la Vierge en chantant « Bonne Marie, je te confie mon cœur ici-bas ».

Ce jour-là, le drapeau français était hissé derrière l’autel.

Cette journée est resté gravée dans ma mémoire. L’Abbé Bornet faisait de très belles cérémonies.

Il est gravé dans nos mémoires.

Mme Yver, née Dudragne, Andrée, Saint-Léger-sous-Beuvray

Bien que jeune adolescente, j’ai beaucoup de souvenirs de l’Abbé Bornet, nous en avons tellement parlé en famille, des souvenirs inoubliables sur la bonté de ce prêtre.

C’est avec lui que j’ai fait ma première communion à l’église de Saint-Prix, c’était en 1943.

Quand nous avons appris son arrestation par les Allemands, en 1944, quelle tristesse ce fut dans la région. Surtout quand nous avons appris son décès, que son douloureux calvaire a été porté à notre connaissance.

Très aimé, il a été très regretté dans la région.

Avec ma famille, j’avais assisté aux funérailles parmi une foule nombreuse venue lui rendre un dernier hommage.

Quand j’ai l’occasion de passer à l’église de Glux, je me remémore sur sa tombe, mais là, depuis 2001, elle est fermée au public et promise pour la Pentecôte à la réouverture.

J’ai bien intention d’assister à cette inauguration.

Témoignage – Duguet Lucien, Saint-Léger-sous-Beuvray (71)

De l’Abbé Bornet, je garde un souvenir inoubliable car il était un modèle de vertu, s’occupant des uns et des autres en toute simplicité.

Pour notre communion, nous faisions une retraite en jouant avec lui. Le jour de la première communion, nous allions tous manger chez lui à midi, ce qui pour nous était appréciable, nous sortions de notre routine.

Plus tard, j’ai acheté le salon de coiffure à Saint-Léger et l’Abbé venait se faire couper les cheveux et nous parlions beaucoup.

Mais au moment de la Résistance, il venait avec un gros sac de sport et, par la suite, nous avons appris qu’il ravitaillait les FFI.

Mais quand j’ai appris sa mort, il était parti en martyr.

Il a dû penser, puisqu’il était un religieux, à la mort du Christ.

Cela a dû lui donner la force de ne pas parler.

J’aurais aimé savoir qui a pu le dénoncer, il fallait lui en vouloir pour agir ainsi, mais en ce bas monde, il y a toujours une justice.

Témoignage souvenirs – Pauchard Raymond, Le Châtelet, Arleuf

J’ai de très bons souvenirs de l’Abbé Bornet, c’était un prêtre hors du commun, d’une extrême bonté avec tous les habitants de la région.

C’est avec lui que j’ai fait ma communion solennelle. En principe, c’était le jeudi de la Fête-Dieu.

Pour préparer cette célébration, pendant trois jours, nous faisions la retraite. Il nous emmenait jusqu’au sommet du Beuvray, il nous entraînait par des chants, avec ce souvenir :« Mon merle a une plume, mon merle a deux plumes… »

Pour cette journée de communion, le déjeuner se faisait chez lui, les parents envoyaient une petite participation.

Le présent était une volaille, il fallait reconnaître qu’à cette époque, les enfants étaient nombreux à Glux.

Je me souviens aussi de la porte grise cloutée du presbytère.

Pour annoncer notre présence, pour activer la sonnette, une patte de chevreuil remplaçait le système électrique.

Lors de son arrestation par les Allemands, nous avons été très attristés par son décès avec la connaissance de son calvaire.

J’ai une pensée très particulière lorsque je me retrouve auprès de sa sépulture au fond de l’église.

Souvenirs témoignage de Mme Angelaud Marie, née Goby, Saint-Prix (71)

Comme beaucoup de gens de Saint-Prix, j’ai bien connu l’Abbé Bornet étant donné que je suis dans les personnes les plus âgées.

Je n’ai pas eu la joie d’avoir l’Abbé Bornet pour faire ma première communion. De toute façon, étant une fervente catholique, j’ai fréquenté beaucoup l’église le temps de son sacerdoce à Saint-Prix.

Comme tous les gens de la commune, je l’aimais beaucoup, il faisait toujours de très belles cérémonies religieuses, il avait de très bons contacts avec tous les paroissiens.

Comme beaucoup dans la région, je conserve précieusement la photo dans mon armoire.

Il est difficile d’oublier ce prêtre, surtout dans les conditions qu’il a souffert pour partir. Il a laissé tout le monde dans la peine. Il a été difficile de le remplacer.

À l’église de Glux, je n’oublie pas de passer sur sa tombe.

Souvenirs et témoignage – Barnay Roland

Bien que jeune adolescent, j’ai beaucoup de bons souvenirs de l’Abbé Bornet.

C’est avec lui que j’ai fait ma première communion, c’était en 1943.

J’ai aussi le souvenir de ma confirmation avec l’évêque d’Autun, nous avions toujours notre cher Abbé, mais hélas, une année plus tard, nous avons été dans la région très attristés par son arrestation par les Allemands, puis par la suite lorsque nous avons eu connaissance de son calvaire.

Il était très aimé dans la région, il rendait beaucoup de service auprès des malades.

Avec ma famille, nous avons assisté à ses funérailles, parmi une foule nombreuse.

Quand j’ai l’occasion de passer à l’église de Glux, je fais une halte sur sa tombe, toujours bien fleurie.

Mme Germaine Bouillot, née Curé – En mémoire de l’Abbé Bornet

C’est avec lui que j’ai fait ma première communion en 1938.

Il faisait de très belles cérémonies, nous étions émerveillés par son savoir-faire et sa gentillesse.

Il était très aimé à Saint-Prix et soignait beaucoup les malades.

Il faisait aucune différence, croyants ou incroyants. Très serviable.

Nous avons été très peinés de son arrestation par les Allemands. Nous avons assisté à ses funérailles à Glux.

À l’occasion je me recueille sur sa tombe, toujours bien fleurie.

Souvenirs témoignage – Mme Demizieux Jeanne, née Bazot, Saint-Prix

Je veux m’exprimer sur l’extrême bonté, la simplicité de ce prêtre ; croyants ou incroyants, il ne faisait aucune différence.

Il apportait son concours pour aider à soigner les malades.

C’est avec lui que j’ai fait ma première communion, c’était en juin 1938, il faisait de très belles cérémonies, il savait embellir l’église, ce qui était très accueillant pour les paroissiens.

Dans la région, il a laissé un souvenir très marquant.

Ses nombreux voyages à pied entre Glux et Saint- Prix, trajets assez longs, environ 5 km.

Notre maison située à quelques mètres de la route, c’est souvent qu’il venait faire une petite halte chez mes parents qui le recevaient avec grand plaisir et l’invitaient souvent à déjeuner. Bien que jeune adolescente, je me plaisais beaucoup à écouter des conversations très agréables.

À son décès, nous avons été très affectés par sa disparition, surtout quand nous avons eu connaissance de son calvaire. Avec toute ma famille, nous avons assisté à ses funérailles.

Sa tombe au fond de l’église a toujours été très honorée.

Quand j’ai l’occasion, je me remémore sur sa sépulture.