Archives pour la catégorie Témoignages

Souvenirs et témoignage – Marcel Curé, Saint-Prix

J’ai de très bons souvenirs inoubliables de ce prêtre, l’Abbé Bornet.

Mes parents avaient voulu que je sois à son service avec d’autres petits camarades comme enfant de chœur.

J’ai fait ma première communion en 1943. L’année 1944 j’avais renouvelé ce sacrement, peu de temps avant son arrestation par les Allemands.

Il était d’une très grande bonté ; dans la région nous avons été très affectés par sa disparition, surtout quand nous avons connu son calvaire.

Témoignage et souvenirs – Alice Martin Merval

Il y aurait tellement de très bons souvenirs à dire sur la bonté de ce prêtre.

Notre maison était située sur le bord de la route de Glux à Saint-Prix.

C’était un plaisir pour mes parents de l’accueillir lorsqu’il revenait de célébrer ses offices à Saint-Prix, surtout lorsqu’il faisait le trajet à pied. Sa petite halte était chez nous, il était heureux de prendre le café avec nous.

Mes parents se sentaient redevables, à cette époque j’étais encore une adolescente qui allait à l’école à Saint-Prix, les cours de catéchisme, c’était le jeudi. Il me faisait profiter de sa voiture.

Je me souviens de ma première communion à l’église de Glux. Le déjeuner au presbytère préparé par sa fidèle servante Jeanne était offert par le prêtre.

C’était en 1938, et le soir au dîner nous étions assez nombreux, parrain, marraine ; pour ce grand jour, il nous avait fait le plaisir d’être parmi nous.

Pour conclure mon récit, à sa disparition nous avons été très affectés, dans tout le pays son décès fut une douloureuse épreuve.

Témoignage de Marie Cloix, née Dubois

L’Abbé Camille Bornet est arrivé à Saint-Prix en 1931, tout de suite il a été adopté par toute la paroisse.

Croyants ou incroyants avaient une grande confiance en cet homme hors du commun. Il avait séduit tout le monde par sa gentillesse et sa grande bonté.

Son décès a peiné tout le monde.

Aussi quand j’ai l’occasion de rentrer à l’église de Glux (hélas fermée depuis quelques années), je me recueille devant sa tombe.

PS : je pense qu’il devrait être canonisé.

Souvenirs et témoignage d’Élisabeth Duvernoy

J’ai tellement de bons souvenirs de ce prêtre qu’il y aurait de la part de ceux qui l’ont connu de nombreuses pages à remplir pour décrire la bonté de ce prêtre, soit auprès des malades, des enfants, des habitants de Glux, Saint-Prix et de la région.

Un souvenir gravé dans ma mémoire, celui de ma première communion : comme par habitude, tous les communiants étaient invités à déjeuner au presbytère.

Ce repas était offert avec la participation de Mme la comtesse de Contenson, le hasard avait voulu que je me retrouve à table à ses côtés. Je me souviens toujours de ses paroles : « Tu t’en souviendras toute ta vie que pour déjeuner tu étais à côté de Monsieur le Curé ». C’était le 11 juin 1936.

Huit ans plus tard notre cher Abbé Bornet nous quittait dans des conditions mystérieuses.

J’ajouterai aussi ce fait marquant, celui d’avoir apporté les premiers soins à mon grand-père. Mes parents étaient allés le chercher en pleine nuit, c’était en 1943.

C’était une époque très difficile, nous étions éloignés des docteurs. Pas facile d’avoir une aide médicale d’urgence.

Il avait su donner ses bons conseils qui s’étaient révélés positifs.

Souvenirs et témoignage de Roger Baret

Je me souvient très bien de ce prêtre, l’Abbé Bornet, c’est avec lui que j’ai fait ma première communion, après nous avoir éduqué le catéchisme avec le concours de Mme la comtesse de Verclos et sa fille Anne, car à cette époque les enfants étaient nombreux à Glux.

Un fait marquant, je me souviens : en renouvelant les promesses de mon baptême sur les fonts baptismaux en commençant par ce récit « Mon dieu, je renonce au démon… » Quand je ne savais plus la suite, tout près de moi, il me soufflait les mots très gentiment.

C’était en 1943, c’est-à-dire, j’ai été parmi les derniers communiants, cette dernière célébration reste inoubliable.

Une année plus tard, quoi de plus triste pour ce prêtre tant aimé que ce jour maudit du 31 mai 1944.

C’était son arrestation par les Allemands.

Témoignage de Lucienne Présent Pacault

Je veux m’exprimer par ce souvenir très émouvant.

Pour aider financièrement le retour de la dépouille de notre très cher Abbé Camille Bornet, les jeunes filles de la chorale dirigée par Mlles de Verclos et de « ? » dont je participais avaient été sollicitées afin de récupérer les fonds nécessaires pour l’organisation des funérailles.

Dans chaque foyer de la commune de Glux, nous étions accueillies à bras ouverts.
Sur les visages de ces braves gens se reflétait une immense tristesse, chacun participait avec compassion et générosité.

La cérémonie des funérailles eut lieu le jeudi 13 septembre 1945, présidée par les deux évêques de Nevers et Autun, avec toute la notoriété de la région.

Le prêtre d’une très grande bonté reçu tous les honneurs qu’il méritait.

La population était là, remplissant l’église et la place dehors. Mon oncle le Chanoine Noël desservant l’église Saint-Étienne à Nevers avait tenu aussi à être présent.

Chaque fois que j’ai l’occasion de passer à l’église de Glux, je me remémore tant de bons souvenirs sur une tombe toujours bien entretenue, ornée de fleurs.

Témoignage de Madeleine Chauvin Roguet

C’était un jour d’école, ce 30 mai 1944.

Nous avions juste terminé le déjeuner du midi. Nous étions assis sur le mur, quand soudain, nous avons vu apparaître les voitures allemandes qui défilaient à toute vitesse.

Puis ce sont les enfants qui déjeunaient dans leur famille dans le bourg qui nous ont annoncé la mauvaise nouvelle :

« Les Allemands ont emmené Monsieur le Curé et l’Émile. »

Quelle déception, je devais faire ma communion solennelle le 8 juin qui fut reportée au 25.

L’office fut célébré par l’abbé Zianette, curé d’Arleuf.

Ce fut une journée de tristesse, entre-temps nous avions appris le décès de notre très cher Abbé Bornet, puis par la suite nous avons eu connaissance de son calvaire.

Les années ont passé, sa tombe au fond de l’église semble encore nous dire : ne m’oubliez pas.