Je me souviens beaucoup des récits de ma chère maman aujourd’hui disparue concernant les souvenirs qu’elle avait gardés de ce prêtre.
Elle me faisait beaucoup d’éloges de ce prêtre, c’est pourquoi je veux témoigner pour elle.
C’est avec lui qu’elle avait fait sa première communion en 1942.
Ce qui lui était resté tellement gravé dans sa mémoire, c’est son arrestation par les Allemands. Ma maman se prénommait Raymonde.
Ce jour du 30 mai 1944, elle déjeunait chez les voisins de l’Abbé, M. Blanchot Émile, arrêté ce même jour. Elle disait : nous étions quatre enfants à déjeuner, Pierrot, Robert, les enfants d’Émile, ma mère et son frère, Roger Baret.
Ils avaient été saisi d’une grande frayeur quand les militaires allemands avaient pénétré dans la maison. Ils avaient été priés de sortir, puis ils les avaient plaqués le long du mur longeant la route, obligés à maintenir les mains en l’air, entourés par les Allemands, armés de mitraillettes.
L’atroce calvaire pour elle était restée inoubliable, ce qui l’avait encore plus effrayée, c’est quand elle avait vu sortir M. Blanchot, les mains derrière la tête avec les soldats en armes, elle me disait qu’elle sentait ses jambes flageoler.
Les deux plus jeunes enfants avaient pris le risque de fuir. Pierrot et maman avaient tenu jusqu’à la fin du scénario.
Après le départ des Allemands, ils avaient dû retourner à l’école.
Ils avaient gardé l’espoir de les revoir.
Les habitants de Glux avaient été très affectés par leur décès et leur calvaire.
C’est avec une grande tristesse qu’elle avait assisté aux funérailles.
Deuxième partie du témoignage, la première partie manque mais a pu être retranscrite
Il m’est demandé si je me souviens de l’Abbé Bornet.
Oui, comment oublier tant de choses si gravées dans notre mémoire pour un homme qui faisait tant de bien ?
Le souhait que je fais de tout cœur, c’est que l’église rouvre ses portes, comme au bon vieux temps où nous avions notre curé, l’Abbé Bornet.
C’est avec lui que j’ai fait ma première communion en 1942, au mois de juin.
À la célébration de l’office des vêpres, il nous faisait apporter une petite couronne de marguerites, offerte à la Vierge, que nous déposions sur l’autel en chantant « Bonne Marie, prends ma couronne, je te la donne. Au ciel, n’est-ce pas, tu me la rendras. »
Je me souviens aussi de son retour d’Allemagne, prisonnier il avait été démobilisé de cette guerre.
Arrivant un dimanche pendant la célébration de la messe, nous étions à chanter à la « chorale de Glux ».
Pour ne pas déranger, il s’était assis au fond de l’église, attendant la fin de l’office célébré par l’Abbé Monteillet, curé de Villapourçon.
Quelle joie pour les paroissiens !
C’était un prêtre si bon pour tous et dévoué envers les malades.
Je me souviens qu’il faisait des piqûres à ma voisine, atteinte de tuberculose. Il était très serviable, il disait qu’il était au service de Dieu, sans exception croyants ou incroyants, que tous avaient besoin d’être soignés, qu’il faisait son devoir de prêtre.
Quelle tristesse pour ses paroissiens, quand nous avons appris son arrestation par les nazis avec son voisin, M. Blanchot, qui, lui, participait au ravitaillement des maquisards.
À son départ précipité du presbytère, il confie son petit chien « Poutiou » à sa servante, Jeanne Cloix en ajoutant qu’il saurait se taire. M. Blanchot était le cousin de maman.
La dépouille de l’Abbé Bornet nous est revenue, sa sépulture au fond de l’église a toujours été très honorée.
C’est pourquoi pour nous, Gluxois, cette église est sacrée.
Nous avons espoir que notre association, créée et motivée par les habitants de Glux, trouvera assez d’argent pour achever les travaux et qu’à nouveau nous puissions fleurir sa tombe comme il se doit en souvenir de cet homme hors du commun, afin de pouvoir à nouveau célébrer les offices religieux, surtout pour nos défunts.
Sa mémoire restera toujours dans nos cœurs, avec nos prières pour sa mort tragique qui a sauvé de jeunes Français de notre Morvan.
En espérant que les générations futures n’auront pas à revivre une semblable époque, aussi douloureuse.
Combien de nos chers ancêtres aujourd’hui disparus auraient pu témoigner sur l’immense bonté de ce prêtre, l’Abbé Bornet.
Mes parents, frères et sœurs ont été parmi ceux-là.
Je suis saisie d’une grande émotion quand je relis le douloureux calvaire qui a été porté à notre connaissance après son décès.
Mais revenons sur les bons souvenirs que nous avons vécus avec lui pendant ses années de sacerdoce à Glux.
Jeune adolescente, pour nous rendre à l’école, nous empruntions le chemin qui contournait le presbytère.
Nous aimions notre cher Monsieur le Curé, mais nous étions aussi en admiration de son fidèle compagnon, son petit chien « Poutiou » ; nous prenions plaisir à le regarder quand il revenait du bourg tenant à son museau le journal qu’il remettait sagement à son maître (combien, dans sa petite tête, a-t-il dû souffrir de leur séparation).
Nous avions aussi une admiration très particulière pour son jardin, il était un excellent jardinier.
Mis à part les planches de légumes, j’aimais admirer les magnifiques bordures d’œillets de poète aux multiples couleurs qui servait à orner l’autel et embellir son église dont il s’était beaucoup investi avec M. Thomas, maire de l’époque, pour la restauration de l’intérieur ; c’était en 1937.
J’ajouterais que c’est avec lui que j’ai fait ma première communion.
Le déjeuner à la cure était offert par l’Abbé. Le menu était préparé par une proche voisine, Jeanne Devillechaise, aidée de sa fidèle servante, Jeanne Cloix.
Qu’avions-nous mangé ? Je me souviens que de deux choses, du poulet, mais surtout du dessert, une crème vanille.
Puis, l’après-midi, c’était la célébration des vêpres. Nous formions le cortège pour remonter à l’église en chantant ce magnifique cantique : « Parle, commande et règne ». Il faisait des cérémonies très bien organisées. Pour cela, il était sensationnel.
Avec toute ma famille, nous avons assisté à ses funérailles, parmi une foule nombreuse venue lui rendre l’hommage qu’il méritait.
Chaque fois que je me retrouve à l’église de Glux, je vais me recueillir sur sa tombe toujours bien fleurie.
Merci Élisabeth, pour tout ce que tu as fait pour que l’église de Glux revive et le souvenir de l’Abbé Bornet, qui était un homme hors du commun, la bonté même.
Bien qu’ayant fait mon éducation du catéchisme à Villapourçon, j’ai fait ma première communion à Glux ; c’était en 1937.
La famille avait tenu que cette communion se passe à l’église de Glux, car j’avais une cousine, pour que notre grand-mère à toutes les deux puisse y assister.
C’est donc avec l’Abbé Bornet que nous avons célébré ce sacrement.
C’était la coutume : nous déjeunions chez lui. Pour le repas, le hasard avait voulu que je me retrouve à ses côtés. Je me souviens de ses paroles : « Tu t’en souviendras toute ta vie que pour le repas de ta première communion tu étais assise à côté de Monsieur le Curé. »
Cela dit, je me souviens de son arrestation par les Allemands.
J’étais à Glux, employée à la distribution des tickets de ravitaillement quand nous avons vu descendre les camions d’Allemands qui se sont dispersés dans le bourg. C’est le maire, M. Thomas, qui s’est étonné de voir les soldats en armes.
Puis la suite, son arrestation.
Ce prêtre était d’une très grande bonté. Nous avons assisté à ses funérailles.
Malgré une église en pleine restauration, l’Abbé Camille Bornet avait su faire une cérémonie digne et joyeuse pour notre première communion ; c’était le 16 juin 1938.
Après la messe, nous étions attendus à la cure pour un copieux petit-déjeuner servi par Jeanne Cloix, sa fidèle servante.
Notre cher Abbé était déjà parti à pied dire la messe à Saint-Prix.
Ensuite, avec nos robes blanches, nous allions à sa rencontre sur la route de Villechaise. Nous étions quatre filles et autant de garçons. Accompagnés de notre cher Abbé, nous rentrions au presbytère pour le déjeuner.
Qu’avons-nous mangé, je ne m’en souviens plus, du dessert, oui, c’était un gâteau de semoule et une crème à la vanille.
L’Abbé nous avait fait rire : « Nous avions un bon gâteau, et Jeanne nous l’a sali. »
Une bouteille de mousseux avait été offerte à l’Abbé et il avait tenu à nous la faire partager. Un garçon un peu plus gourmand n’avait pas pu assister aux vêpres.
Aujourd’hui, l’occasion m’est donnée de pouvoir me remémorer sur tous les bons souvenirs que j’ai sur l’Abbé Bornet.
C’est avec lui que j’ai fait ma première communion en 1935.
C’était une cérémonie très bien organisée comme il le faisait habituellement. Nous chantions de magnifiques cantiques.
L’intérieur de l’église, les autels ornés de fleurs avec un style toujours très accueillant pour les paroissiens.
Je me souviens de ses trajets qu’il faisait pour se rendre à Saint-Prix. Notre jardin se trouvait en bordure du chemin, hameau de Villechaise.
Bien que mon père n’était pas tellement homme d’église, il aimait faire la conversation avec ce prêtre, qu’il trouvait très agréable, c’était un homme hors du commun.
Nous avons été très peinés lors de son arrestation par les Allemands, et par la suite quand nous avons appris son décès avec la connaissance de son douloureux calvaire.
C’est avec une grande tristesse que nous avons assisté à ses funérailles, parmi une foule nombreuse.
Ce prêtre a laissé un souvenir inoubliable dans la région.
C’est avec lui que j’ai fait ma première communion.
Nous avons été très attristés de son arrestation par les Allemands.
Je me souviens de cette journée du 31 mai très ensoleillée.
Nous revenions de la forêt où nous avions été préparer la provision de bois pour l’hiver. Nous étions mon père et moi accompagnés de Jean-Marie Berthier, cultivateur, qui revenait de travailler de ses champs.
Nous montions le chemin, à côté du presbytère, quand soudain nous avons été surpris de voir les soldats en armes entourer le presbytère.
J’étais jeune, et on m’a prié de rester au milieu de mon père et le voisin, car si les hommes de l’ombre (la Résistance) qui, sans doute, rôdaient dans la forêt voisine, si la rencontre avait lieu, cela aurait pu être tragique.
Je me souviens de ses funérailles, sa tombe au fond de l’église a toujours été très honorée.
Ma sœur Jeannette, Jeanne Damond veillaient à ce qu’elle soit toujours bien fleurie.