Petit-Séminaire
Notre-Dame
de
Grand-Champ
Versailles, le 17 octobre 1919.
Monsieur le supérieur,
Veuillez m’excuser d’avoir mis si longtemps à vous répondre. Votre lettre m’a trouvé dans les embarras de la rentrée, alors que, nouveau Supérieur, j’avais à me mettre au courant de l’administration d’une nombreuse, communauté, et, en même temps, à réorganiser la maison. De plus, je ne pouvais vous répondre directement au sujet de Camille Bornet : car il est entré ici au moment de la guerre : j’étais mobilisé et je ne l’ai pour ainsi dire, pas connu. Il m’a donc fallu recourir aux lumières du Supérieur intérimaire de guerre, qui était en vacances au loin. Tout cela a demandé du temps. Mais j’ai à peu près résolu la question. Voici ce qu’il en est.
Avant de vous donner mon témoignage sur Camille Bornet, j’ai tenu à savoir dans (…lacune…) de pension : il avait une bourse fournie par le diocèse. Les frais généraux et les frais d’entretien étaient payés pour lui par une bienfaitrice, par l’intermédiaire d’un vicaire du Chesnay. Je ne sais pas si la bienfaitrice avait mis à ses libéralités la condition que le bénéficiaire servirait dans le diocèse de Versailles : je ne le pense pas, en tous cas, Camille Bornet, le saurait en écrivant à l’abbé Torry, le vicaire qui servait d’intermédiaire. Mais il reste que le diocèse a donné deux ans de pension pour ce jeune homme : et si celui-ci veut entrer au diocèse de Nevers, ce qui est son droit, je crois que le diocèse de Nevers doit, en justice, compensation à Versailles. Notre pension était, alors, de 750 Fr. pour les basses classes, qu’il a suivies la première année où il était ici (Quatrième) et de 850 Fr. pour les hautes classes qu’il a suivi la seconde année (Seconde). Ce seraient donc 1600 Fr. que Nevers devrait à Versailles. Comme depuis lors, notre pension a augmenté et que la valeur de l’argent a diminué (ce …lacune… même), je crois que je n’exagère rien en vous demandant la susdite somme comme une compensation qui me paraît due au diocèse.
Ceci posé, nous nous voyons pas d’inconvénient à ce que Camille Bornet rentre dans son diocèse. Sans doute, nous aurions mieux aimé le garder. C’était un jeune homme d’une très bonne tenue, d’une piété sérieuse, très assidu au travail. Nous estimions capable de faire de bonnes études. Son caractère était bon, peut-être un peu susceptible et attaché à ses opinions ; mais il avait, en somme, une nature qui offrait beaucoup de ressources. Il fera certainement, à moins que la guerre ne l’ait beaucoup changé, un excellent élève au grand séminaire.
Veuillez agréer, monsieur le Supérieur, avec mes excuses pour ce long préambule, tout consacré aux questions matérielles qu’il m’a paru de mon devoir de traiter, l’expression de mes sentiments de respectueux et religieux dévouement,
? ? Bersaucourt
Supérieur



