Cette journée de commémoration aurait dû se tenir en juin 2024. René Blanchot, maire de Glux à l’époque, en était à l’initiative ; il s’y était impliqué et engagé de manière très forte, mais la maladie ne lui avait pas permis d’aller jusqu’au bout de ce projet.
Le programme de la journée, chargé, a commencé par une marche mémorielle entre l’église de Saint-Prix et celle de Glux-en-Glenne, sur le chemin qu’empruntait régulièrement l’Abbé Bornet pour desservir ses deux clochers en passant par le hameau de Villechaise.
C’est le chemin qu’il avait pris, le matin du mercredi 31 mai 1944, pour rejoindre sa cure à Glux, où il allait être arrêté en début d’après-midi.
Les marcheurs, de Glux et de Saint-Prix s’étaient donné rendez-vous à l’église de Saint-Prix à 8 heures, ils étaient une petite vingtaine, de tous âges, qui se mirent en marche un peu après 8 h 15.
Cette heure matinale leur permit de faire le trajet, plutôt éprouvant du fait des dénivelés importants, sans trop souffrir de la chaleur.
Ils rejoignirent les autres participants à la cérémonie qui les attendaient devant l’église de Glux où les rejoignit à son tour Monseigneur Grégoire Drouot, évêque de Nevers, un peu avant 10 heures.
La cérémonie pouvait commencer…
Monseigneur Grégoire Drouot, évêque de Nevers et le père Guy Richard, curé de la paroisse de Luzy, incarnaient l’Église nivernaise.
Le porte-drapeau, Stéphane Doreau, descendant d’une habitante de Glux et un lieutenant-colonel de l’armée de Terre, achevaient de donner un caractère solennel à cette cérémonie républicaine.
Celle-dernière commença par un discours de Madame la maire de Glux, qui rendit hommage à la profonde humanité de l’Abbé Bornet, toujours perceptible plus de 80 ans après sa disparition, à son ouverture, à son dévouement pour les habitants des deux communes, notamment pour les soins aux malades que sa formation comme secouriste lors de la Première Guerre mondiale lui avait permis de prodiguer.
Deux jeunes filles de la commune lurent les noms des morts de la Seconde Guerre mondiale, dont l’Abbé Bornet et Émile Blanchot, arrêté en même temps que lui.
Après le dépôt des gerbes au monument aux morts, la Marseillaise fut chantée, a capella, par une assistance à la fois attentive et participative. Enfin le chant des partisans résonna pour conclure ce moment de recueil républicain.
Le président de l’association du Patrimoine du pays de Glux, Yvan Nemo, fit à son tour un discours où, après avoir rendu hommage à René Blanchot, il rappela tout d’abord le rôle crucial joué dans la transmission de la mémoire et du souvenir de l’Abbé Bornet, par Roger Bornet, son neveu, et sa femme Danielle, par Elisabeth Duvernoy, habitante de Villechaise, et par l’Abbé Alexandre, curé de Glux et de Saint-Prix, notamment, de 1992 à 2009.
Sans eux, sans leur travail patient et passionné, la mémoire de l’Abbé ne pourrait, aujourd’hui, être aussi présente et vivante.
Rappelant à son tour la profonde humanité qui se dégage de la vie de l’Abbé, de son engagement et de son dévouement, il invita les participants à entrer dans l’église, sur les pas de l’Abbé et de son chemin d’humanité…
Les participants à la commémoration purent alors entrer dans l’église où ils prirent place pour écouter une conférence de Thomas Terrien, historien, sur « L’engagement du clergé du Morvan dans la Résistance. »
Cette conférence, très appréciée, permit de mettre en perspective et de comprendre le sens de l’engagement dans la Résistance de l’Abbé Bornet en replaçant celui-ci dans un contexte plus étendu.
À l’issue de cette conférence, à 11 h 30, eut lieu une messe, qui était aussi une messe paroissiale, co-célébrée par Monseigneur l’évêque Drouot et le père Richard.
L’église était pleine, elle avait été soigneusement préparée et embellie, notamment par des fleurs, comme aimait à le faire l’Abbé Bornet.
L’exposition sur l’Abbé Bornet et sur la Résistance dans le clergé du Morvan, installée dans l’église à l’occasion de cette commémoration accueillit ses premiers visiteurs après cette célébration.
Cette exposition restera accessible et visible tout l’été 2025.
Après un pique-nique dans le parc du château de Contenson, a eu lieu la bénédiction de la croix de l’Echenault, sous le mont Beuvray, par Monseigneur Drouot vers 15 h 00.
Cette ultime cérémonie, qui réunit une quarantaine de personnes, fut l’occasion de l’évocation de souvenirs d’habitants à propos de ce lieu, situé à la « croisée des chemins », qui fut aussi le dernier de la commune que vit l’Abbé Bornet au moment d’être emmené vers la prison de Nevers.
La prière de consécration et la bénédiction proprement dite furent suivies d’un chant, entonné par Monseigneur Drouot et repris par l’assistance, émue par ce dernier moment de partage et de ferveur humaine…
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