Nous déjeunions chez le voisin de l’Abbé Bornet, M. Émile Blanchot, arrêté le même jour.
Les deux enfants de M. Blanchot, Pierrot et moi-même, nous avons été priés de sortir dehors, puis les Allemands nous ont plaqués le long du mur longeant la route, les visages tournés contre le mur, les mains en l’air.
Avec une grande frayeur nous étions entourés par les Allemands armés de leurs mitraillettes. Les minutes semblaient trop longues, le plus jeune enfant et moi-même avons pris le risque de fuir, nous avons regagné l’école à toute allure, par les prés voisins.
Nous gardions toujours l’espoir de les revoir, mais hélas le destin parfois cruel en avait décidé autrement.
